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Des inconnus ont jeté lundi soir une bouteille d’acide contre la façade du foyer Sonacotra de Mezzavia, au sud d’Ajaccio, a-t-on appris mardi de source judiciaire. L’explosion survenue vers 21 heures n’a pas provoqué de dégâts mais l’émotion est vive parmi la centaine de résidents du foyer devant lequel une charge explosive de cinq kilos avait été découverte vendredi dernier. Cette tentative d’attentat qui n’avait pas été revendiquée avait suscité de nombreuses réactions parmi la population et les élus corses. Une grande partie de la population de l’île s’est récemment mobilisée contre la vague d’actions racistes qui secoue la Corse depuis le début de l’année. Une cinquantaine d’attentats et d’actions à caractère xénophobe ont été dénombrés par les services de police en un an, en Corse.
Reuters - Ajaccio 28 - 12 - 2004
Un foyer Sonacotra situé au sud d’Ajaccio, où résident une centaine de travailleurs...
Un foyer Sonacotra situé au sud d’Ajaccio, où résident une centaine de travailleurs immigrés, a été visé lundi par le jet d’une bouteille d’acide qui n’a provoqué aucun dégât, un acte qui intervient après la tentative d’attentat par une charge explosive vendredi, a indiqué à l’AFP le préfet de Corse, Pierre-René Lemas. "Il y a eu le jet d’une bouteille remplie d’acide et enveloppée de papier d’aluminium contre le foyer Sonacotra de Mezzavia à Ajaccio dans la soirée, qui a eu l’effet d’un énorme pétard sans occasionner aucun dégât mais créant une vive émotion", a déclaré M. Lemas, qui "a exprimé son indignation au directeur du foyer". Le directeur de cabinet "est sur les lieux pour rencontrer les 116 résidents et leur confirmer la détermination des services de l’Etat à lutter contre toute agression raciste ou xénophobes, conformément aux instructions permanentes du ministre de l’Intérieur, Dominique de Villepin", a-t-il ajouté. Vendredi, une charge de cinq kilogrammes d’un mélange de nitrate et de fioul, reliée à une mèche, avait été découverte vers 16h00 devant le même foyer par les habitants qui ont donné l’alerte. Les démineurs s’étaient rendus sur les lieux où ils avaient neutralisé l’engin. Cette tentative d’attentat a suscité de nombreuses réactions de condamnation d’élus corses, du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), du Conseil des Marocains de France, de l’association corse contre le racisme Ava Basta et de l’évêque d’Ajaccio Mgr Jean-Luc Brunin, qui a estimé lundi que "la limite du supportable" avait été atteinte en Corse". Le préfet de Corse a de plus rappelé que "l’action des services depuis début novembre s’est traduite par l’arrestation et la mise sous écrou des membres présumés du groupe clandestin Clandestini Corsi, par l’arrestation des six auteurs présumés d’actes racistes en Balagne (Haute-Corse) et par les deux auteurs présumés du saccage de l’église Sainte-Julie près de Porto-Vecchio (Corse-du-Sud)". Clandestini Corsi, avant l’arrestation de ses membres présumés à la suite d’une conférence de presse clandestine, avait revendiqué sept attentats anti-maghrébins en Corse. Quatorze membres de ce groupuscule ont été mis en examen et douze écroués courant novembre dans le cadre d’une information judiciaire confiée au juge antiterroriste parisien Gilbert Thiel.
Agence France-Presse 28 - 12 - 2004 |