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La Malaisie a reporté une vaste opération contre des centaines de milliers d’immigrés clandestins, apparemment à la demande de l’Indonésie, des Philippines et des Nations unies, ont rapporté mardi des médias et responsables. La Malaisie souhaite le retour dans leur pays d’origine de centaines de milliers de travailleurs illégaux venus de pays de la région, notamment de l’Indonésie. Elle avait proposé une amnistie sur trois mois à ceux qui rentreraient volontairement avant la fin janvier. Quelque 400.000 personnes en ont profité, mais il resterait un nombre équivalent de clandestins dans le pays. Les autorités avaient prévu à partir de mardi une grande "chasse" aux clandestins qui risquent des peines allant jusqu’à cinq ans de prison et des coups de fouet. Un demi million d’auxiliaires des autorités devaient aider la police à arrêter les clandestins. Aucune annonce officielle de report de l’opération n’avait été faite mais la presse locale, citant le ministère de l’intérieur, a rapporté qu’une période de grâce avait été prolongée et un responsable local a confirmé à l’AFP n’avoir pas reçu l’instruction de lancer la rafle. Mardi était férié à Kuala Lumpur et aucun responsable gouvernemental n’était immédiatement joignable. L’Indonésie a demandé à la Malaisie de prolonger la période de grâce pour un rapatriement volontaire, a déclaré son ambassadeur, K.P.H. Rusdihardjo, au quotidien The Star. Il a précisé qu’un représentant gouvernemental, le secrétaire d’Etat Usril Ihza Mahendra, devait se rendre mardi à Kuala Lumpur pour remettre une lettre du président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono au premier ministre malaisien Abdullah Ahmad Badawi. A Manille, le quotidien Philippine Star a rapporté que le gouvernement philippin avait demandé une extension de la période d’amnistie d’un mois pour permettre le retour de 170.000 Philippins. Le Haut commissariat de l’Onu aux réfugiés (HCR) a également réclamé un prolongement de l’amnistie de trois mois, selon son représentant en Malaisie, Volker Turk. Il a déclaré à l’AFP que l’opération de mardi semblait avoir été annulée et a remercié la Malaisie pour son "geste humanitaire". M. Turk a ajouté que le HCR avait conseillé le mois dernier aux pays concernés de ne pas expulser des immigrés vers des zones dévastées par le tsunami du 26 décembre. De nombreux clandestins sont originaires de la province indonésienne d’Aceh, l’endroit le plus touché par le raz de marée. D’autres immigrés illégaux viennent des Philippines, de Birmanie, du Bangladesh, d’Inde et du Sri Lanka. Ils sont attirés en Malaisie, un pays relativement prospère, par la perspective d’emplois dans le bâtiment, les plantations ou les services. L’opération anti-immigrés avait été critiquée par des organisations de défense des droits de l’homme dont Amnesty International et Human Rights Watch.
Agence France Presse 01 - 02 - 2005 |