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Une charge explosive de cinq kilogrammes a été désamorcée vendredi devant un foyer pour travailleurs immigrés à Ajaccio (Corse-du-Sud), a-t-on appris samedi auprès de la police. Cet engin, composé d’un mélange de nitrate et de fioul, avait été déposé devant l’entrée d’un foyer Sonacotra où résident une centaine de personnes, essentiellement des Maghrébins. La charge semble avoir fait long feu, ce qui a permis aux artificiers de la désamorcer. Cette tentative d’attentat n’a pas été revendiquée dans l’immédiat. La veille, également à Ajaccio, une voiture appartenant à un Maghrébin avait été la cible d’inconnus. Une grande partie de la population de l’île s’est récemment mobilisée contre la vague d’actions racistes qui secoue la Corse depuis le début de l’année. Une cinquantaine d’attentats et d’actions à caractère xénophobe ont été dénombrés par les services de police en un an, sur l’île.
Reuters - Ajaccio 25 - 12 - 2004
Non au racisme, Non à l’impunité
La tentative d’attentat à l’explosif contre le foyer Sonacotra de Mezzavia situé au sud d’Ajaccio, où habitent une centaine de travailleurs immigrés, s’inscrit dans une logique meurtrière et raciste visant principalement la communauté maghrébine de l’île. Ces actes répétés et impunis sont la conséquence d’un repli chauviniste et communautariste savamment entretenu par les discours dévoyés sur l’identité corse. S’il faut saluer les condamnations exprimées, chaque fois qu’un acte raciste et violent est commis à l’encontre des immigrés en Corse, aujourd’hui on ne peut se satisfaire de simples condamnations. Il apparaît de plus en plus clairement que ces actes fréquents et répétitifs n’ont aucun caractère isolé, mais ils participent d’une stratégie raciste et terroriste organisée et dotée de moyens. Les auteurs de ces actes terroristes ternissent l’image des corses et de la Corse. Ils sapent toute possibilité de solidarité internationale avec les luttes sociales et politiques en Corse. La permissivité de la classe politique corse, le manque de résultats dans les enquêtes policières, l’absence de condamnations pénales favorisent et alimentent ce climat de terreur et encouragent la récidive. Nous demandons aux pouvoirs publics de tout mettre en oeuvre pour arrêter et faire condamner les auteurs de ces actes et éventuellement leurs commanditaires. Nous exigeons du représentant de l’état en Corse de prendre toutes les dispositions pour garantir la sécurité des immigrés et leurs familles.
Jelloul Ben Hamida, Secrétaire Général de la FTCR 25 - 12 - 2004 |