|
Recherché à Falloujah, où l’armée américaine a donné l’assaut en espérant le neutraliser, Abou Moussab Al-Zarqaoui, l’allié du chef d’Al-Qaïda, est réapparu vendredi sur l’internet dans un enregistrement sonore qui lui est attribué pour appeler à la résistance dans le bastion sunnite. "O héros de l’islam à Falloujah : béni soit votre jihad (...). Ayez encore la patience d’une heure et vous engrangerez les résultats, si Dieu le veut", dit une voix dans un enregistrement sonore attribué à Zarqaoui, ennemi numéro un des États-unis en Irak, que les GI’s cherchent à neutraliser. "Vous êtes à l’avant-garde de la nation, ne soyez pas avares (de) vos vies au service de votre religion", ajoute l’enregistrement, dont l’authenticité ne peut être vérifiée, mis en ligne à l’adresse (https://www1.beijing999.com/dmirror/http/abumaysara-3.siteatnet.com/foreign/abumaysara-3/aslle.mp3). "Nous ne doutons guère que les signes de la victoire commencent à poindre à l’horizon", poursuit l’auteur de l’enregistrement, appelant "les héros en Irak (...) à venir au secours" des combattants à Falloujah et à "brûler le sol sous les pieds des envahisseurs". "C’est une bataille décisive dans l’histoire de l’islam et des hérétiques", souligne-t-il. "Vos fils tracent l’une des meilleures épopées dans l’affrontement contre l’Amérique et leurs alliés", ajoute le document sonore, présenté comme "un appel" de Zarqaoui aux musulmans. L’armée américaine a affirmé contrôler vendredi la quasi-totalité de Falloujah tout en faisant état de poches de résistance et en admettant qu’il faudrait du temps pour sécuriser la ville. "Ne vous laissez pas abuser par leurs médias maléfiques car tout ce que vous écoutez n’est que purs mensonges et falsifications", réplique Zarqaoui dans l’enregistrement qui lui est attribué. "Je mets l’Amérique au défi de dire la vérité sur ce qui se déroule sur le champ de bataille. Et je la mets encore au défi d’autoriser les chaînes de télévision satellitaires à entrer (à Falloujah) pour couvrir le déroulement des combats", ajoute l’enregistrement. Il dénonce l’assaut donné à Falloujah par des forces américaines et irakiennes qui "se sont unies face à un ennemi : un vrai islam sous la bannière du vrai jihad". Cette bataille est menée par "les Croisées et leurs alliés, ceux qui parmi nous ont vendu leur religion et trahi Dieu et son prophète, comme les Peshmergas (combattants kurdes) et les Rafidha (les chiites), avec la caution de l’imam de l’hérésie, Sistani", poursuit-il. Les prises de position depuis la chute du régime de Saddam Hussein en avril 2003 du grand ayatollah Ali Sistani, la plus haute autorité religieuse chiite d’Irak, sont souvent contestées par les sunnites irakiens, minoritaires dans le pays. Mardi, un haut responsable de l’armée américaine à Washington avait indiqué que des chefs rebelles, dont Abou Moussab Al-Zarqaoui, avaient probablement fui la ville de Falloujah, assaillie par les forces américaines. L’armée américaine a fait état de 18 morts et 178 blessés dans ses rangs et de cinq soldats irakiens tués et 34 blessés. Selon un responsable américain, plus de 500 rebelles ont été tués. Zarqaoui, un allié du chef d’Al-Qaïda Oussama ben Laden, dirige l’organisation d’Al-Qaïda au pays du Rafidaïn (la Mésopotamie), responsable de nombreux attentats et décapitations d’étrangers en Irak. Sa tête a été mise à prix par les Etats-Unis pour 25 millions de dollars.
Agence France-Presse 12 - 11 - 2004
L’armée dit contrôler presque tout Falloujah, Zarqaoui appelle à la résistance
L’armée américaine, qui dit avoir perdu 22 soldats depuis le début de l’offensive à Falloujah, a affirmé contrôler vendredi la quasi-totalité de la ville, alors que Zarqaoui a lancé un appel à la résistance, au moment où des rebelles se déployaient en force à Mossoul. Les forces américaines ont effectué des "progrès substantiels" ces derniers jours, a affirmé le président américain George W. Bush qui recevait le Premier ministre britannique Tony Blair à Washington. "Nous contrôlons (Falloujah), dans le sens où nous y sommes présents mais il faudra un certain temps avant de sécuriser" la ville, a déclaré à l’AFP le lieutenant Lyle Gilbert, au cinquième jour de l’assaut lancé par des troupes américano-irakiennes sur Falloujah, foyer de la guérilla à 50 km à l’ouest de Bagdad. Les Marines tentent toujours de réduire les quelques poches de résistance et des combats ont lieu dans le nord et le sud, mais ils sont les plus violents à Joulan (nord-ouest), selon lui. Des unités américaines, venant du nord, ont franchi l’avenue centrale de Falloujah, et se sont enfoncées dans les quartiers sud-ouest, a indiqué le lieutenant Michael Prato à un journaliste de l’AFP accompagnant les troupes. Mais le gros des bataillons se trouve toujours à l’arrière, où les soldats procèdent à des fouilles systématiques, dit-il. Dans les quartiers sud, des rebelles sont retranchés dans des immeubles. "La situation est devenue extrêmement dangereuse car, n’ayant nulle part où aller, ils restent dans les maisons en attendant notre arrivée. Nous devons nettoyer toutes les maisons avant que le reste des troupes n’arrive", a indiqué le caporal Will Porter. Il n’a pas été possible d’obtenir un bilan des victimes civiles dans Falloujah, désertée par plus de la moitié de ses 300.000 habitants avant l’assaut. L’armée américaine a fait état de 22 morts et 170 blessés dans ses rangs depuis le début de l’offensive lundi. Pour sa part, Abdel Kader Mohan, qui commande les forces de sécurité irakiennes, a indiqué que cinq militaires irakiens avaient été tués et 40 autres blessés à Falloujah depuis lundi. Selon les Américains, plus de 500 rebelles ont été tués au cours de l’offensive. Recherché à Falloujah, Abou Moussab Al-Zarqaoui, l’allié du chef d’Al-Qaïda, est réapparu vendredi sur l’internet dans un enregistrement sonore qui lui est attribué pour appeler à la résistance. Il a appelé "les héros en Irak (...) à venir au secours" des combattants à Falloujah et à "brûler le sol sous les pieds des envahisseurs". Entre-temps, le grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité religieuse chiite d’Irak, a condamné, par la voix d’un de ses représentants à Kerbala, "tout ce qui peut porter atteinte aux civils", appelant à trouver "une solution pacifique" à Falloujah, dans le respect de la loi. Plus au nord, les rebelles ont pris le contrôle des rues de Mossoul, désertée par les troupes américaines, a constaté un journaliste de l’AFP. La police irakienne a totalement disparu et l’armée américaine est invisible dans l’agglomération, a constaté un correspondant de l’AFP. Selon lui, des groupes de rebelles armés, à pied ou en voiture, patrouillent autour des principaux bâtiments publics. Les troupes américaines, qui contrôlaient jusqu’à jeudi soir quatre des cinq ponts de la ville, située à 370 km de Bagdad, se sont retirées après avoir été bombardées au mortier dans la nuit. Ailleurs en Irak, les violences ont fait au moins sept morts, dont un soldat américain, tués dans des attaques ou des accrochages au nord de Bagdad, alors qu’un hélicoptère américain Black Hawk a été abattu au nord-est de la capitale. Enfin, une source au ministère libanais des Affaires étrangères a déclaré à l’AFP qu’un Libanais avait été kidnappé en Irak, sans préciser où ni quand, alors que la télévision qatariote Al-Jazira diffusait des images d’un autre ressortissant libanais retenu en otage depuis début novembre.
Agence France-Presse Falloujah - 12 - 11 - 2004
Nouveaux combats à Falloujah, la violence s’étend
De violents combats ont éclaté vendredi près d’une mosquée dans le nord-ouest de Falloujah, quelques heures après que les "marines" américains eurent annoncé que les insurgés étaient relégués dans le sud de la ville sunnite. Les organisations humanitaires ont demandé au gouvernement intérimaire irakien et aux forces américaines de permettre à leurs employés et médecins d’accéder à la ville, en indiquant qu’une centaine de familles y étaient dans une situation désespérée et en qualifiant la situation d’"énorme catastrophe". Le secrétaire d’Etat américain Colin Powell, s’exprimant sur la chaîne arabe par satellite Al Arabiah, a assuré que les forces sous commandement américain voulaient achever rapidement l’opération à Falloujah puis s’atteler à la reconstruction de la ville. Les insurgés, résolus à montrer que l’offensive déclenchée depuis quatre jours dans la ville la plus frondeuse du pays n’avait pas d’effet dissuasif sur eux, ont riposté par des attaques et des attentats en d’autres lieux - notamment à Mossoul, dans le Nord, qui a connu deux journées sanglantes. Cherchant à enrayer l’extension des troubles dans les villes sunnites, les autorités irakiennes ont décrété cette semaine des couvre-feux à Bagdad, Mossoul, Ramadi et Falloujah. Un couvre-feu est en vigueur à Samarra depuis que les forces irako-américaines y ont donné l’assaut le mois dernier. Le capitaine Angela Bowman, porte-parole des forces américaines à Mossoul, a déclaré que le calme y avait prévalu dans la nuit après les attaques lancées par des rebelles jeudi contre neuf commissariats. Un habitant de la troisième ville d’Irak a confirmé un calme relatif tout en notant que les forces de sécurité étaient absentes des rues et qu’une forte tension persistait, les insurgés tenant encore au moins un commissariat.
Tireurs sur un toit près d’une mosquée de Djolan
Un soldat américain a été tué dans les combats de Mossoul et l’aviation américaine a bombardé la ville jeudi tandis que les troupes s’efforçaient d’y rétablir l’ordre, a dit Bowman. "La Garde nationale irakienne et les forces multinationales rétablissent l’ordre dans les quartiers de la ville à partir desquels les terroristes lancent leurs attaques, en premier lieu dans les quartiers sud-ouest", a-t-elle souligné. A Bagdad, tirs de mitrailleuse et explosions de grenades ont retenti dans le quartier sunnite d’Adhamiya où des insurgés affrontaient des gardes nationaux, ont déclaré des témoins. Les combats ont cessé par la suite. Un militaire américain a été tué dans une embuscade dans le sud de la capitale, a dit l’armée. En outre, un hélicoptère américain Black Hawk a été abattu au nord-est de Bagdad, blessant trois personnes parmi l’équipage, composé de quatre hommes, a ajouté l’armée. A Falloujah, des combats intenses ont repris dans le quartier de Djolan (nord-ouest), où la résistance avait diminué depuis 24 heures, a rapporté un correspondant de Reuters accompagnants les marines dans ce secteur. Des tireurs sont apparus sur un toit à côté d’une mosquée alors que des chars des marines approchaient. Des soldats ont évacué quatre victimes américaines. De la fumée s’est élevée d’une usine en périphérie de Djolan après que des rebelles eurent tiré des roquettes sur des forces américaines qui se trouvaient dans la zone, ont dit des habitants. Une énorme explosion a secoué Djolan plus tard, mais on en ignore la cause. L’armée américaine reconnaît que les chefs insurgés et les activistes étrangers ont pu quitter Falloujah avant que l’offensive ne débute lundi soir, mais elle estime que ceux qui sont restés sur place sont désormais pris au piège. "Ils ne peuvent pas aller vers le nord parce que nous y sommes. Ils ne peuvent pas aller vers l’ouest parce qu’il y a l’Euphrate et ils ne peuvent pas aller vers l’est parce que nous y sommes très présents. Ils sont donc coincés dans le sud", a déclaré le sergent-chef Roy Meek à Reuters.
Zarkaoui encourage les insurgés
Des équipages de chars qui ont progressé vers le sud de la ville disent avoir repoussé les rebelles dans un bastion de la guérilla étrangère que les marines appellent le Queens. Ils pensent que des combattants arabes affiliés à Abou Moussab Zarkaoui y ont trouvé refuge. Dans un enregistrement sonore qui lui attribué, le groupe de l’extrémiste jordanien Abou Moussab Zarkaoui, affilié à Al Qaïda, exhorte les rebelles de Falloujah à résister. "Nous ne doutons pas que les signes de la victoire de Dieu apparaissent à l’horizon", dit une voix qui semble celle de Zarkaoui. Selon l’US Army, 18 militaires américains et cinq soldats irakiens au moins sont morts et 178 soldats américains ont été blessés depuis le début de l’offensive sur Falloujah lundi. Le Croissant-Rouge irakien a demandé aux forces américaines et au gouvernement de Bagdad de lui permettre d’acheminer des vivres, des médicaments et de l’eau à Falloujah, en faisant état d’une situation catastrophique. Un porte-parole militaire américain a dit que le Croissant-Rouge était autorisé à venir en aide aux nombreux civils qui ont fui Falloujah, sans pouvoir préciser s’il aurait accès à la ville elle-même. Un officier américain a dit espérer qu’elle tombe dans la nuit de vendredi à samedi. La violence qui se déchaîne à Falloujah et ailleurs impose un lourd tribut aux forces américaines. Deux avions ont transféré jeudi 102 soldats grièvement blessés vers le grand hôpital militaire américain de Ramstein (Allemagne). Ils y ont rejoint 125 de leurs collègues arrivés en début de semaine. A Falloujah, des "marines" ont retrouvé en vie Mohamed al Djoundi, le chauffeur syrien enlevé le 20 août avec les journalistes français Christian Chesnot et Georges Malbrunot. Aucune information nouvelle n’a été fournie sur ces derniers.
Michael Georgy Fadel al Badrani Reuters - Falloujah 13 - 11 - 2004 |