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 Une femme à la double nationalité irakienne et britannique, responsable en Irak de l’organisation caritative Care, a été enlevée mardi à Bagdad. Des images la montrant seule et apparemment anxieuse ont, par la suite, été diffusées par la chaîne arabe Al Djazira. Margaret Hassan travaille pour Care International en Irak depuis plus de 10 ans, y vit depuis une trentaine d’années et a épousé un Irakien. "Nous tenons à souligner qu’elle se considère comme Irakienne. L’Irak est son pays. Elle vit là-bas depuis des années et n’envisagerait jamais de revenir en Grande-Bretagne", a déclaré une porte-parole de l’organisation. Dans l’enregistrement vidéo diffusé par Al Djazira, Margaret Hassan est assise dans une pièce et semble nerveuse. Le film montre en gros plan ses papiers d’identité. Selon Al Djazira, le document est complété par une déclaration d’une organisation irakienne non identifiée. Présente dans plus de 70 pays dans le monde, Care International est l’une des principales organisations non gouvernementales (ONG). Elle est aussi l’une des rares à poursuivre ses activités en Irak, la plupart des ONG ayant quitté le pays en raison de la détérioration de la situation. Kenneth Bigley, un Britannique enlevé en septembre en Irak, a été décapité par ses ravisseurs, proches de l’extrémiste jordanien Abou Moussab Zarkaoui. Le Premier ministre britannique Tony Blair, accusé par le frère de Bigley de n’avoir pas assez fait pour obtenir sa libération, a assuré que le gouvernement ferait tout ce qui est en son pouvoir pour que Margaret Hassan recouvre la liberté.
Annan estime qu’il faut bien doser la répression
"Voici quelqu’un qui vit en Irak depuis 30 ans, qui y jouit d’un immense respect, qui s’est entièrement consacrée à ce pays. Cela montre contre quel type de personnes nous devons lutter, s’ils sont capables d’enlever quelqu’un comme elle", a-t-il dit. Le ministre britannique des Affaires étrangères Jack Straw s’est dit "très préoccupé" par le sort de Margaret Hassan. "Nos pensées et prières vont vers elle, sa famille et ses collègues", a-t-il dit. Les prises d’otages, les attentats à la bombe et les actes de sabotage retardent le retour de la paix en Irak, où l’invasion américano-britannique a entraîné une explosion de violence. Quatre membres de la Garde nationale irakienne ont été tués et 80 environ blessés par un tir de mortier sur leur base au nord de Bagdad. Des hélicoptères américains ont participé à l’évacuation des blessés. Dans un communiqué, le ministère de la Défense précise que l’attaque s’est produite à Tarmiya, à environ 25km au nord de Bagdad. Des avions américains ont mené en outre dans la nuit des frappes contre ce que l’armée a présenté comme des cibles proches de Zarkaoui à Falloudja. Le secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan, a estimé que toute opération de répression contre les insurgés dans des villes hostiles au gouvernement central, telles que Falloudja, devait être soigneusement dosée.
Londres serait favorable à un redéploiement
"Dans ce genre de situations deux guerres coexistent", a-t-il déclaré à Londres. "La guerre visant à gagner les coeurs et les esprits de la population ainsi que les tentatives d’éradication de la violence. "Les deux doivent être menées de front et doivent être dosées de façon à ce qu’on soit capable de faire adhérer la population à ce qu’on fait (...). J’espère que c’est cette approche qui est favorisée par le gouvernement", a-t-il ajouté, lors d’une conférence de presse avec le secrétaire au Foreign Office, Jack Straw. A l’issue d’entretiens avec le Premier ministre britannique Tony Blair, Annan a estimé que réduire le pouvoir de nuisance des insurgés était nécessaire pour créer un climat favorable à la tenue des élections. Blair a dit qu’il estimait, tout comme Annan, que le scrutin devait avoir lieu comme prévu en janvier. De son côté le secrétaire d’Etat américain Colin Powell assure dans une interview publiée mardi par USA Today que son pays fait le maximum pour mettre en place les conditions nécessaires à l’organisation de ce scrutin. Les Etats-Unis ont demandé à la Grande-Bretagne, fidèle alliée en Irak, de déployer dans la région de Bagdad, plus dangereuse, des troupes actuellement postées dans le Sud afin d’alléger le fardeau des forces américaines. Londres devrait dans les jours à venir donner son feu vert à cette requête. Une équipe britannique a été envoyée mardi sur le terrain pour étudier les implications logistiques d’un tel redéploiement, à laquelle sont hostiles les opposants à l’intervention militaire britannique en Irak. "Nous sommes très ouverts à cette proposition", a déclaré pour sa part Jack Straw.
Alistair Lyon Reuters - Bagdad 19 - 10 - 2004 |