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 L’Irak a sollicité des pays européens pour accélérer l’identification des corps des innombrables victimes du régime déchu de Saddam Hussein découverts dans des fosses communes et dit compter sur l’aide internationale pour entamer ce travail de longue haleine. "Des dizaines d’Irakiens suivront en Bosnie et au Kosovo des stages de formation pour profiter de leur expérience dans l’identification des victimes des guerres avec les Serbes", a déclaré le ministre des droits de l’Homme, Bakhtiar Amine. M. Amine a indiqué avoir effectué récemment une tournée en ex-Yougoslavie pour organiser des stages durant lesquels les Irakiens recevront, notamment, une formation sur l’identification des restes de corps retrouvés dans les fosses communes. Des pays européens se sont aussi déclarés prêts à faire profiter l’Irak de leur expertise scientifique dans ce domaine et de l’aider financièrement. La France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne ont promis d’aider le ministère des droits de l’Homme à "créer des laboratoires spécialisés dans l’analyse de l’ADN", a indiqué M. Amine. "Ces centres seront établis dans le sud et le centre de l’Irak ainsi que dans le Kurdistan" (nord), a-t-il ajouté, lors d’une rencontre avec la presse. La coalition, dirigée par les États-Unis, avait recensé en mars dernier 259 charniers contenant quelque 300.000 corps de personnes exécutées par le régime baassiste ou tuées lors des guerres lancées par Saddam Hussein. Mais selon certaines estimations, plus d’un million de personnes ont été assassinées par le régime déchu. Quelque 8.000 Kurdes ont été tués dans la répression de la tribu Barzani en 1983 et 180.000 dans la campagne Anfal lancée à la fin des années 1980 pour punir les Kurdes de leur soutien à l’ennemi iranien. Des attaques aux armes chimiques entre 1986 et 1988 ont fait 5.000 morts kurdes. Le ministre a déploré le manque d’effectifs et la pénurie de financement destiné à ce domaine, qui dépend totalement de l’aide internationale. Pourtant, les familles ont besoin de faire leur deuil et réclament des indemnités. "Le budget 2005 de l’Irak n’alloue aucune somme" à ce secteur, a-t-il dit. "Ce domaine dépend totalement de l’aide internationale, estimée jusqu’à présent à 47 millions de dollars : dix millions d’euros de l’Union européenne, dix millions de livres sterling de la Grande-Bretagne et 15 millions de dollars des États-Unis", a précisé M. Amine. La violence qui secoue l’Irak depuis l’entrée des forces américaines en avril 2003 empêche aussi le versement d’indemnités. "Le gouvernement intérimaire avait décidé de réserver 5% des revenus du pétrole aux indemnités dues aux familles des victimes, mais les actes de sabotage contre les oléoducs ont entraîné un manque à gagner d’environ sept milliards de dollars pour le pays en 2004", a-t-il indiqué. "Les actes terroristes ont fait près de 4.000 tués et 15.000 blessés depuis la chute du régime", a-t-il affirmé, en déplorant l’insuffisance de moyens. "En moyenne, 800 corps non identifiés sont recensés chaque mois à Bagdad, qui ne compte que 13 morgues d’une capacité de 78 places", a-t-il précisé.
Agence France-Presse Bagdad - 28 - 12 - 2004 |