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Un accord a été conclu dimanche pour effacer 80% des 40 milliards de dollars de la dette de l’Irak au Club de Paris et la date des élections générales irakiennes a été fixée au 30 janvier alors que quelques poches de résistance restaient actives à Falloujah. Le président américain George W. Bush a applaudi dimanche à Santiago la décision des États membres du Club de Paris de réduire de 80% la dette de l’Irak à leur égard et appelé d’autres créanciers du pays à faire de même. Avant la Conférence internationale de Charm el-Cheikh (Egypte) qui réunit lundi les ténors de la diplomatie mondiale, l’Iran a par ailleurs réaffirmé son rejet de la politique menée en Irak par les Américains. Cette conférence rassemblera les voisins de l’Irak, les membres du G8, la Chine, la "troïka" arabe chargée du suivi du dossier irakien (Tunisie, Algérie, Bahreïn), l’Union européenne, la Ligue arabe, l’Onu et l’Organisation de la conférence islamique (OCI). "Nous allons participer avec force à la conférence pour protester contre les agissements américains (en Irak) et insister sur la nécessité du départ des forces américaines", a déclaré dimanche le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Hamid Reza Assefi. Ce dernier a également affirmé qu’un contact direct, en marge de la Conférence, entre le ministre des Affaires étrangères Kamal Kharazi et son homologue américain Colin Powell, était inutile. "Powell a eu quatre ans pour faire en sorte que les États-unis changent d’attitude vis-à-vis de l’Iran et il ne l’a pas réussi. Maintenant qu’il n’a plus de responsabilités, il n’est pas très utile de le rencontrer", a déclaré M. Assefi. M. Powell doit être remplacé à son poste par Condoleezza Rice lors du second mandat du président américain George W. Bush. Dans un même temps, le porte-parole de la Commission électorale chargée de préparer les élections générales en Irak a annoncé dimanche qu’elles se tiendront le 30 janvier, alors que le pays reste le théâtre de violences meurtrières. "Les élections doivent désigner une Assemblée nationale (transitoire), un Parlement autonome pour le Kurdistan irakien (parlement créé en 1992 dans cette région qui échappait au contrôle du régime de Saddam Hussein) et des conseils provinciaux", a indiqué à Beyrouth Farid Ayar, interrogé par l’AFP. Après des décennies de règne du parti unique, le Baas, la commission électorale a déjà autorisé 126 listes, dont 44 listes individuelles, sur un total de 198 qui ont été présentées pour participer à ces premières élections multipartites depuis 46 ans. A Paris, les 19 pays membres du Club de Paris ont conclu dimanche un accord pour effacer, en trois étapes, 80% de la dette irakienne due à cet organisme, soit quelque 40 milliards de dollars. L’accord sur le chiffre de 80% était souhaité par les États-unis et la Grande-Bretagne qui, partisans d’un geste fort, suggéraient une réduction de 95%. Mais la Russie, la France et l’Allemagne, qui sont derrière le Japon les plus importants créditeurs de l’Irak au sein du Club, s’étaient prononcées pour une réduction de seulement 50%. Le secrétaire américain au Trésor John Snow a salué "un véritable événement qui montre que l’Alliance transatlantique reste une puissance forte pour le bien dans le monde". A Berlin, il a invité les créanciers de l’Irak non membres du Club de Paris à imiter ce dernier. Sur le terrain, le cousin du Premier ministre irakien Iyad Allaoui, Ghazi Allaoui, enlevé à Bagdad le 10 novembre, a été libéré dimanche, a annoncé un responsable du parti de M. Allaoui, l’Entente nationale. A Falloujah, près de deux semaines après le début de l’offensive contre la rébellion, les troupes américaines et les forces gouvernementales irakiennes se heurtent toujours à quelques poches de résistance. L’armée américaine a découvert une vingtaine de "lieux de torture" dans cette ville, a déclaré dimanche un officier. La ville, privée d’eau et électricité, offre désormais un spectacle de désolation. Au milieu des immeubles détruits, des corps et des bombes qui n’ont pas explosé jonchent les rues. "Le vrai problème, c’est celui du retour des civils dans la ville, et pour le moment le retour n’est pas préconisé", a déclaré un porte-parole de l’armée américaine, Francis Piccoli. Un officier des Marines a indiqué que 50% des immeubles devraient être démolis. D’autre part, de violents accrochages ont opposé dimanche matin des rebelles à des forces américaines et irakiennes dans la ville de Latifiyah, bastion sunnite au sud de Bagdad, près de laquelle 30 corps ont été découverts, selon un correspondant de l’AFP. Par ailleurs, six personnes ont été tuées et 12 autres blessées dans des violences dans la ville rebelle de Ramadi, à 100 km à l’ouest de Bagdad, et trois autres dans des accrochages à Baïji. Deux nouveaux corps, dont celui d’un soldat irakien, ont été découverts à Mossoul (nord) où les troupes américaines et irakiennes poursuivent leurs opérations contre les repaires des rebelles. Les corps de neuf soldats irakiens avaient été retrouvés samedi dans la ville. Le corps d’un entrepreneur irakien, accusé de travailler avec l’armée américaine, a été découvert dans la ville de Balad, au nord de la capitale. Enfin, la chaîne de télévision satellitaire Al-Arabiya a annoncé la libération de son correspondant à Falloujah, détenu pendant 11 jours par l’armée américaine.
Agence France-Presse Bagdad - 22 - 11 - 2004
Les avocats de Saddam accusent Washington de crimes de guerre
Les avocats de l’ancien président irakien Saddam Hussein envisagent de poursuivre les États-unis pour crimes de guerre en Irak, a annoncé leur porte-parole. "L’équipe de défense étudie la possibilité d’intenter une action en justice contre les États-unis et leur administration devant la Cour internationale de justice (CIJ) pour les crimes de guerre permanents qu’ils ont commis contre l’Irak et les Irakiens", explique le porte-parole Ziad Khasaouneh dans un communiqué. Il accuse les États-unis de meurtres de masse et de violations de la Convention de Genève et évoque notamment le comportement des soldats américains et de leurs alliés à Falloudja et dans d’autres villes irakiennes. Khasaouneh a expliqué que la CIJ n’acceptait pas les plaintes déposées par des particuliers et que la défense de Saddam essayait donc d’élaborer une plainte au nom de l’ancien gouvernement irakien. "Nous continuons à affirmer que Saddam est le président légitime de l’Irak et que son gouvernement est le seul à représenter les Irakiens. N’importe quel membre de ce régime peut donc déposer la plainte", a-t-il dit à Reuters.
Reuters - Amman 22 - 11 - 2004 |