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 Une dizaine de personnes ont été arrêtées au cours des derniers mois pour avoir espionné les activités nucléaires iraniennes au profit des services de renseignement américains et israéliens mais aussi pour avoir proposé de vendre à l’Iran une bombe atomique, a déclaré mercredi un ministre iranien. "Plus de dix espions nucléaires ont été arrêtés au cours de cette année", a déclaré le ministre iranien des Renseignements Ali Younessi, cité par l’agence officielle Irna. "Ils travaillaient pour le Mossad et la CIA et ont été arrêtés à Téhéran et à Hormozgan (sud)", a-t-il ajouté. Certains d’entre eux, peut-être trois, "travaillaient pour l’Organisation iranienne de l’énergie atomique et les autres étaient de profession libérale", a-t-il dit. "Ils ont été remis au tribunal révolutionnaire et leur identité ne sera pas révélée avant le début de leur procès", a-t-il dit. M. Younessi a révélé que ses services avaient arrêté des "espions qui avaient été envoyés par les Américains et les Israéliens pour proposer de vendre à l’Iran une bombe atomique ou de l’uranium" pour piéger l’Iran. Il a également déclaré qu’avant l’arrestation d’un directeur de rang moyen de l’industrie nucléaire, qui "avait fourni des informations aux Américains" lors de voyages à l’étranger, les Renseignements iraniens l’avait "utilisé pour donner de fausses informations aux Américains" afin de les tromper. Il a aussi ajouté que "certains espions avaient reçu l’ordre de contaminer les sites nucléaires. Il suffit de toucher un élément d’un site nucléaire avec un mouchoir contaminé pour ensuite prétendre qu’il y a eu enrichissement" d’uranium à cet endroit. Les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ont découvert un degré de contamination très élevé dans certains sites nucléaires. Les Iraniens ont toujours affirmé que cette contamination provenait de matériels de seconde main importés de l’étranger. En août, M. Younessi avait annoncé l’arrestation d’un "certain nombre d’espions qui transmettaient à l’étranger des informations sur le programme nucléaire iranien". Il avait ajouté que "les +hypocrites+ (l’appellation donnée aux Moudjahidine du peuple, organisation d’opposition au régime islamique en exil) ont pris la plus grande part au transfert des informations". "Par le passé, ils se sont même glorifiés d’avoir fait de l’espionnage contre l’Iran et, lors d’une conférence de presse aux États-Unis, ils se sont vantés d’avoir fourni des renseignements aux Américains et à d’autres", avait-il précisé. En juillet 2000, la justice iranienne avaient condamné à des peines de prison dix juifs et deux musulmans accusés d’espionnage pour Israël qui ont finalement été libérés en 2003. Pour sa part, le général Mohammad Salimi, le commandant en chef de l’armée iranienne, a affirmé que les forces armées iraniennes avaient reçu l’ordre de se préparer pour défendre les sites nucléaires iraniens contre toute attaque. "L’armée de l’air a reçu instruction de protéger avec toutes ses forces les sites nucléaires iraniens", a déclaré le général Salimi, cité par le quotidien gouvernemental Iran. "L’armée de l’air a suspendu toutes ses manoeuvres pour un temps et a concentré ses moyens sur les patrouilles de combat dans le ciel", a-t-il ajouté. Le général répondait à une question sur des informations de presse concernant une simulation d’attaque par des forces ennemies contre la centrale nucléaire de Bouchehr, actuellement en construction par les Russes dans le sud du pays. Ces derniers mois, des journaux israéliens, américains et arabes ont publié des informations sur une éventuelle attaque américaine et israélienne contre les sites nucléaires iraniens. Les responsables américains et israéliens ont toutefois démenti l’existence d’un plan d’attaque contre l’Iran.
Agence Fance-Presse Teheran - 23 - 12 - 2004
Mohamed ElBaradei brigue un troisième mandat à la tête de l’AIEA

Le directeur général de l’AIEA, l’Egyptien Mohamed ElBaradei, devrait être le seul candidat à sa succession à la tête de l’agence de sûreté nucléaire des Nations unies mais sa réélection n’est pas assurée, les États-Unis le jugeant trop laxiste envers l’Iran, selon des diplomates. Les candidatures pour la direction de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) seront closes le 31 décembre et, l’an prochain, les 35 membres du conseil des gouverneurs, l’exécutif de l’agence, devront nommer un nouveau directeur général (DG). Les États-Unis veulent remplacer M. ElBaradei, estimant qu’il n’est pas assez ferme avec l’Iran que Washington accuse de développer l’arme atomique sous couvert d’un programme nucléaire civil, explique-t-on de sources diplomatiques concordantes. Officiellement, Washington affirme qu’il ne souhaite pas voir M. ElBaradei, un diplomate égyptien de 62 ans ans qui dirige l’AIEA depuis 1997, obtenir un troisième mandat de quatre ans parce que la règle impose aux directeurs des agences de l’Onu de partir au terme de deux mandats. Mais les États-Unis peinent à opposer un "bon candidat" à M. ElBaradei, indique un diplomate occidental, et ils n’ont apparemment pas réussi à convaincre le ministre australien des Affaires étrangères, Alexander Downer, à se présenter contre lui. M. ElBaradei bénéficie d’un soutien sans faille du Mouvement des pays non-alignés au conseil des gouverneurs et aussi de celui de certains pays européens. L’Union européenne privilégie le dialogue avec Téhéran alors que les États-unis veulent traduire la république islamique devant le Conseil de sécurité de l’Onu. Une troïka composée de la France, de l’Allemagne et de la Grande-Bretagne a obtenu récemment de Téhéran une suspension l’enrichissement d’uranium en contrepartie d’une coopération économique et technologique. Des diplomates siégeant au conseil des gouverneurs ont indiqué qu’ils ne s’attendaient pas à d’autre candidature que celle de M. ElBaradei, qui avait assuré en septembre qu’il souhaitait servir un troisième mandat, car ni les États-Unis ni le Japon n’ont un candidat de rechange. Washington "peut bloquer la candidature du DG avec 13 voix (au conseil des gouverneurs) mais il leur reste à trouver un autre candidat" d’ici à juin 2005, lorsque le nouveau chef de l’agence devra être nommé, a indiqué le diplomate occidental. M. ElBaradei s’était attiré le courroux des États-Unis en mettant en cause les services de renseignement américains, qui affirmaient alors que Saddam Hussein, le dirigeant irakien déchu, avaient des armes de destruction massive qui n’ont jamais été trouvées. Le DG a amassé un important capital de sympathie alors que son agence a été en première ligne dans la lutte contre la prolifération nucléaire chez les "Etats voyous" --Irak, Iran et Corée du Nord-- stigmatisés par Washington. De conserve avec la troïka européenne, il s’est assuré que l’Iran ne développait pas l’arme nucléaire mais n’a pas réussi à faire revenir ses inspecteurs en Irak et en Corée du Nord. Il a parallèlement mené campagne pour durcir le Traité de non-prolifération nucléaire (NPT), qui permet à l’AIEA de contrôler les programmes nucléaires des pays l’ayant signé et ratifié. "Le régime de non-prolifération nucléaire est dans une phase difficile et nous avons besoin d’une direction (de l’AIEA) compétente et professionnelle", a indiqué un diplomate membre du conseil des gouverneurs, qui appuie M. ElBaradei. Le nouveau directeur général entamera son mandat le 1er décembre 2005, après la ratification de sa nomination par l’assemblée générale de l’AIEA, qui doit se tenir en septembre à Vienne. "Si le conseil votait aujourd’hui, je suis sûr que M. ElBaradei obtiendrait une majorité des deux tiers", a assuré un diplomate proche de l’agence. "Mais il est encore trop tôt pour faire un pronostic", a-t-il ajouté.
Agence Fance-Presse Vienne - 23 - 12 - 2004 |