Le Comité contre la torture s’interroge sur l’attitude de la Grande-Bretagne
Le Comité contre la torture des Nations unies a exprimé vendredi son inquiétude au sujet du respect du traité interdisant la torture par les soldats britanniques opérant à l’étranger. Dans le communiqué final, le Comité a notamment demandé à la Grande-Bretagne "de rendre publics les résultats de toutes les enquêtes visant des allégations concernant le comportement de ses forces armées en Irak et en Afghanistan". Au terme de sa session d’automne au cours de laquelle plusieurs responsables britanniques ont été interrogés, le Comité s’est dit "préoccupé par la conception restrictive" de la Grande-Bretagne "concernant l’applicabilité de la convention (contre la torture) aux actions menées par ses forces armées à l’étranger". Les dix experts indépendants du comité ont insisté pour que Londres s’assure que la conduite de ses représentants soit conforme aux règles internationales, y compris lors d’interrogatoires conduits à l’étranger. Martin Howard, un haut responsable du ministère britannique de la Défense, avait affirmé au Comité que la police militaire avait enquêté sur 17 affaires "qui peuvent être classées comme des allégations de traitements dégradant ou inhumain, ou de torture". Huit enquêtes ont débouché sur des non-lieux, cinq sont toujours en cours, et les quatre autres ont été transmises à la justice militaire. Il n’y a aucune preuve que les forces britanniques "ont été impliquées dans des abus systématiques contre les droits de l’homme en Irak", avait insisté Martin Howard.