|
Une élève musulmane de 15 ans, Cennet, s’est présentée le crâne rasé vendredi dans son lycée de Strasbourg, en espérant être réintégrée en classe sans déroger à ses principes qui lui interdisent de montrer ses cheveux. "En faisant cela, j’accomplis deux lois : la loi de la France et la loi de Dieu", a déclaré à Reuters la jeune fille qui avait pris soin d’alerter les médias pour donner un retentissement à son geste. Cette élève de seconde du lycée Louis-Pasteur s’était rasée dès la rentrée de septembre mais ne se résolvait pas jusqu’ici à ôter le bonnet qui lui couvrait le crâne. Elle n’était pas admise en classe, conformément à la loi sur les signes religieux à l’école. "J’aurais compris si dans le règlement intérieur il y avait marqué que le port du couvre-chef était interdit", affirme la lycéenne qui dit ne plus supporter d’être maintenue "en quarantaine" seule dans une salle où on lui communique le travail à faire. Depuis l’entrée en 6e, cette jeune Française issue d’une famille kurde originaire de Turquie et soeur de cinq garçons, portait, comme sa mère, le foulard islamique. "C’était ma dignité, ma personnalité, c’était tout pour moi", dit-elle. Inscrite en section sciences économiques et sociales, elle veut devenir "psychologue, spécialisée sur les jeunes". "Ils disent que la rentrée s’est bien passée, mais ils ne savent pas ce que l’on vit", ajoute-t-elle. Son père, Hikmet Doganay, était venu la soutenir tout en assurant que sa fille était libre de ses décisions. "Le jour où elle a rasé ses cheveux, je n’étais pas d’accord, j’ai pleuré", a-t-il dit à Reuters en précisant qu’il aurait préféré que sa fille poursuive ses études par correspondance ou à l’étranger. L’académie de Strasbourg s’est distinguée à la rentrée de septembre par le nombre record de jeunes filles - environ 200 - qui se sont présentées dans leur collège ou lycée la tête voilée. Un dernier pointage du rectorat, mardi dernier, ne faisait plus état que de 19 cas dont les trois quarts dans la communauté urbaine de Strasbourg.
© Reuters - Stasbourg 01 - 10 -2004 |