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A Messieurs les Ministres : - Le Premier ministre, - Le ministre de l’intérieur, - Le ministre de la justice
Lettre ouverte
Messieurs les ministres,
Omar El Ouassouli figurait sur la liste dite de 112 disparus établie par le CCDH (ancienne appellation) et classé parmi les disparus vivant à l’étranger. Depuis, nous n’avons jamais cessé de contester cette version en affirmant que notre frère est toujours séquestré dans l’un des centres clandestins de détention encore en fonctionnement et sous la responsabilité de l’État et ce malgré l’affirmation des autorités de l’absence de tels centres. Les derniers développements de cette affaire et dont la presse à fait largement écho nous conforte dans notre position à savoir que Omar est toujours séquestré dans l’un des centres clandestins.
En effet, nous avons communiqué à l’Instance Équité et Réconciliation au mois de mai 2004 le témoignage d’une personne, digne de foi, qui a prétendu avoir vu, dialoguer et même déjeuner avec notre frère à Erfoud. La personne en question a maintenu ses déclarations devant la section de l’AMDH d’Errachidia, devant l’IER et devant d’autres personnes.
Messieurs les Ministres,
Après avoir envisagé cette situation et sous tous ses aspects et notamment après avoir pris connaissance qu’il est indiqué dans le rapport de l’ancien CCDH que notre frère a été arrêté à la frontière algérienne et par la police marocaine en 1987, notre famille est arrivée aux conclusions suivantes :
- Depuis cette arrestation notre frère se trouve dans les mains des autorités marocaines, - L’affirmation par les mêmes autorités qu’il n’existe plus de centre de détention clandestin les mette dans l’embarras pour libérer les disparus encore en vie. Car leur libération serait perçue comme en flagrante contradiction avec le discours officiel, - Dans ces conditions et n’ayant aucune raison de mettre en doute la bonne foi du témoin, nous considérons que lors de sa réapparition sous conditions, notre frère n’était pas libre de ses mouvements et que ce scénario entre dans une tentative de la résolution de la contradiction citée ci-dessus,
Nous avons donc espéré que sa libération serait éminente, mais à ce jour notre attente n’a que trop durée. Cette attente s’est doublée d’une vive inquiétude par crainte que ceux qui détiennent notre frère ne seraient tentés de pratiquer la fuite en avant et avec toutes les conséquences désastreuses que nous n’osons même pas envisager.
C’est donc pour prévenir une telle éventualité que notre famille s’adresse à vous Messieurs les Ministres pour :
- affirmer que l’intégrité et la vie de notre frère sont sous la responsabilité de l’État, - demander de veiller à ce que sa vie soit préservée, - demander sa libération immédiate, ainsi que celle de tous les disparus encore en vie, - affirmer que la tentation de la fuite en avant aurait des conséquences désastreuses quant à la volonté affiché pour le règlement du dossier de la disparition forcée alors que la voie de la sagesse recommande la libération de tous les disparus encore en vie et qui serait perçue comme une réelle volonté politique allant dans le bon sens.
C’est donc avec impatience que nous attendons la libération de notre Omar. En l’attente d’une telle nouvelle, veuillez Messieurs les Ministres recevoir nos salutations distinguées.
Famille du disparu marocain Omar El Ouassouli Le 10 octobre 2004
Famille du disparu marocain Omar EL OUASSOULI B.P 110 - Jorf Erfoud - Errachidia - Maroc elwassouli01@tiscali.fr elouassouli@hotmail.com |