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TUNEZINE E-CONFERENCES : MOKHTAR YAHYAOUI - MUSTAPHA BEN JAAFER - NEJIB CHEBBI
TUNeZINE e-Conférences : Mokhtar Yahyaoui

QUESTIONS COMMUNES

Remerciements

Je saisi cette occasion en mon nom et au nom de toute la famille de Zouhair pour exprimer notre amitié et notre reconnaissance pour tout ceux qui ont partagés avec nous nos douleurs devant cette tragédie qui fut pour nous la mort subite de notre cher regretté ZOUHAIR. Leurs présences, leurs appels et leurs messages nous ont été d’un grand secours et nous ont apporté beaucoup de réconfort face à l’adversité.

Avant propos

Je veux au préalable situer ma participation à ce débat pour être libre de toute contrainte, de toute réserve et de toute restriction. Ainsi cet écrit sera introverti sur le geste même qui fait de lui un acte d’expression personnel qui peut être partagé comme il peut être contesté répréhensible et à la limite incriminée. Mon discours sera dans les limites de mes idées, de mes données et de mes facultés à les exprimer. Il est évident que le simple fait de tracer ses idées sur un support de diffusion ne peut être indifférent à l’intention de les soumettre à la discussion d’autres gens.

Cela va sans dire que la liberté d’expression que je revendique et que j’ai toujours exercé sur ces espaces virtuels procède d’une double conviction :

-  Notre pays est au terme d’un cycle de son évolution dont le caractère dominant est cette crise sans précédent qui touche à tous les aspects de la vie de chaque citoyen et qui n’a plus besoin de démonstration de l’incapacité du système qui l’a gouverné jusqu’à présent de lui apporté les réponses appropriés.

-  Cette situation coïncide avec une situation régionale et internationale en pleine mutation qui fait de la revendication du changement dans le sens d’une émancipation sociale et la mise à niveaux des institutions de notre Etat dans les normes de la bonne gouvernance et de l’Etat de droit un impératif pressant et inéluctable qui ne concerne plus seulement les considérations les convenances de calendrier ou de rythme interne propre au pouvoir ou à l’opposition.

Cette présentation de la situation dont je pense que plusieurs partagent au fond d’eux même nous engage tous à l’ouverture d’un débat national sans à priori ni conditions. Ceux qui veulent se soustraire à se débat ou l’ajourner ne cherche en fait qu’à s’accrocher à leurs illusions d’aboutir à un nouveau arrangement qui consacre leurs situation de domination au sein du pouvoir comme dans l’opposition.

Un constat de fait s’impose avant tout débat et dont on doit confronté le pouvoir comme l’opposition :

-  le pouvoir vient de démontrer son incapacité à reconquérir une légitimité autre que celle tiré d’élections manipulées dans des conditions d’interdiction de tout exercice effectif de liberté par les citoyens. La conviction de la situation d’Etat de police imposé au pays est aujourd’hui largement réconfortée au sein de touts l’opinion publique sans exception.

-  L’échec de l’opposition laïque comme islamique dans ces conditions à se hisser au niveau de l’alternative politique crédible et acceptée au sein de l’opinion publique n’a pas besoin de démonstration. La crise du pouvoir n’a pas servi à les conduire à dépasser leurs incapacité à assumer le rôle que l’évolution de la situation dans le pays le commandait.

-  Il n’est pas certain que la cadence de l’évolution de la situation laisse encore à cette opposition comme au pouvoir le temps pour dépasser leurs dissensions et l’émergence d’une troisième force devient de plus en plus nécessaire et prioritaire pour faire évoluer la situation selon un calendrier national si on ne veut pas rester impassible devant les pressions étrangères qui convergent vers le compromis de nous imposer un arrangement d’intérêts.

Je pense qu’on doit savoir distinguer face à ce constat la situation de désemparée dans laquelle se trouve les deux pôles de l’élites (pouvoir et oppositions), et que trahit les contradictions de plus en plus révélés par leurs derniers gestes et comportements, d’une part et les conditions de relative sérénité de la société ou prévaut un optimisme réservé devant les signes de la fin de l’époque de la domination de l’élite et de sa tutelle (Wisaya) sur le pays et qu’en dernier ressort les citoyens auront le dernier mots.

La mission en réserve de trouver les personnes qui doivent l’assumer aujourd’hui et celle de bâtir ce courant patriotique qui va préparer l’émancipation sociale et l’avènement de la démocratie par l’implication de tous les citoyens dans l’élaboration des grands choix de leur pays pour sa nouvelle phase d’évolution.

C’est un discours optimiste confiant et inspirant confiance par la conviction qu’il doit dégager et la probité des personnes qui vont le porter. Un discours qui sait distinguer entre les questions d’intérêt national et qui ne supportent aucun compromis ni exclusion. On ne peut plus supporter aujourd’hui ceux qui se demandent encore pourquoi le POCT est communiste, la Nahdha et islamiste ou l’Initiative démocratique est laïque ce n’est plus que le résidu de l’incapacité inhérente au totalitarisme dans sa négation de la diversité.

Je suis parfaitement en mesure de comprendre la démission ou la réserve dans laquelle peuvent se résigner des gens d’un certain age et tout ceux qui ont leur avenir derrière eux. Mais s’agissant des jeunes je ne peux qu’être offusqué de ce phénomène de soumission et de désintéressement indécent. Je ne pense pas que les jeunes face à ce niveau de mobilisation en leurs rangs ne révèlent en fait une tendance hypocrite d’opportunisme et de quête d’insertion dans le système déchu. Le genre des débats qui sont en train d’ s’amorcer sur leurs forums ces dernières années relève aussi de cette platitude d’esprits obtus en déficit d’imagination et incapable de refléter leur complète assimilation des principes directeurs de liberté de justice et de tout ces idéaux nobles qui font de chaque génération une négation de la résignation à la médiocrité dont fut leurs aînées contraint de s’arrêter. Qu’il soit Ben Ali ou n’importe qui, un ange ou un Satan, sa prise de pouvoir et son comportement dans sa gestion ne peut dépendre que de la faculté qu’on peut le lui laisser pour en abuser.

Je n’ai pas senti encore cette verve salutaire que certains de mes interlocuteurs ont assimilée dans la revendication de leur destin se propager. Quand on est incapable de sortir à Paris à Genève ou à Londres pour protester contre le bafouillage des Droits de base de ses concitoyens on comprend bien la vraie dictature qui est en train de nous gouverner ici comme à l’étranger qui n’est autre que cette peur lâche qui fait opter la majorité pour une vie d’humiliés. Je veux franchement exprimer en cette occasion tout le mépris que je ressens pour tous ceux qui ne font que soulever les différends et cherchent à engager tout débat dans les insultes et la provocation pour se faire remarquer par leur absence aux moments de solidarité et d’action. Ceux qui ont encore peur de s’afficher dans une manifestation et de porter leurs noms sur une pétition ne peuvent plus nous tromper sur leur hésitation et leur incapacité de faire le choix de la démocratie et de comprendre que la dictature et le totalitarisme n’ont plus d’avenir dans ce pays.

Je pense que le flottement des position qui prévaut actuellement est due essentiellement à l’incapacité de saisir l’importance des fissures que nous avons réussi à introduire sur plusieurs plans dans le système de dictature et de domination qui nous gouverne aujourd’hui. Il semble nécessaire de les rappeler :

-  Nous avons réussi à porter la contestation unanime de notre société de l’injustice consacrée par le système judiciaire et sécuritaire actuel. Aujourd’hui personne n’est plus dupe quant à l’absence d’institution judiciaire indépendante capable d’assumer les pouvoirs qui lui sont dévolu par la constitution et disposant des moyens lui permettant de faire face à sa manipulation par les détenteurs du pouvoir. La revendication d’une telle justice est aujourd’hui unanime non seulement dans les rangs des opposant mais comme exigence populaire et au sein même du corps judiciaire (magistrats avocats et collaborateurs de justice y compris au sein de la police). La réforme de la justice est aujourd’hui une revendication à laquelle le pouvoir même est conscient qu’il doit se plier après le dernier revers qui l’a contraint de retirer son dernier projet qui cherchait à contourner la question. Nous devons tout faire pour que cette réforme soit institutionnelle et consacre l’avènement d’un pouvoir judiciaire indépendant muni de toute les prérogatives et les garanties nécessaires pour instaurer un pouvoir judicaire indépendant consacrant la suprématie de la loi et garantissant l’égalité de tout les citoyens devant elle. Je suis certain que nous allons être pionniers dans ce domaine et que plus jamais nos droits et nos libertés garanties par notre constitution ne nous seront soustraits par des décrets ou des décisions aux bons grés des puissants.

-  Nous avons aussi réussi à mettre à nu les manipulations répétées du suffrage universel et des votes des citoyens et à dépouiller ces pratiques du qualificatif d’élections. Le parlement actuel n’est plus qu’une usurpation du pouvoir législatif prévu par notre constitution et la démonstration répugnante de la trahison de la revendication principale de notre mouvement national de "barlaman Tounsi" pour laquelle nos aïeuls ont versé leur sang. Nous continuerons à dénier à ses membres le statut de député et la qualité de nous représenter. Il n’est plus que l’expression de la consécration de la volonté de domination sur notre société. Nous avons affronté le pouvoir sans ménagement sur ce plan et nous continuerons à affronter cette opposition complice et défaitiste avec la même intransigeance jusqu’à ce qu’elle comprenne qu’elle ne va plus récolter que le discrédit et à la honte par sa persistance de mauvaise foi à continuer à donner la réplique à ce genre de manipulation et de parodies. Un tel compromis ne peut être qualifié que de participation au complot contre la légitimité qui justifie la falsification de notre libre volonté censuré. L’exigence d’élections libres garanties par une autorité neutre et ouvertes à tous les courants sans exception est devenue aujourd’hui une condition préalable qui ne peut plus être ignorée.

-  En fin personne ne peut plus aujourd’hui nier les coups portés avec succès à la propagande totalitaire imposé et sa démystification jusqu’à la ridiculisation de ses allégations mensongères pour discréditer tout acte de contestation. La libre expression a dépassé le stade de revendication pour devenir une pratique quotidienne facilité par l’évolution technologique des moyens de diffusion d’information. Aujourd’hui tous les abus et les dépassements sont automatiquement dénoncés par véhémence et même excès parfois.

Les acquis réalisé sur ces trois chapitres sont des pas importants qui ne peuvent plus être ignorés. À cinquante ans de pouvoir absolu et de wisaya sur le pays le pouvoir ne peut plus résister longtemps aux impératifs de l’évolution.

Ce long avant propos constitue une réponse à la question générale de Mourad et Walid m’interpellant sur quel avenir ? Je pense que l’avenir comme il a du le constater ne peut être différent de ce qu’ont a pu imaginer et préparer aujourd’hui et par le passé. J’espère que ma réponse donne plus de raisons d’engagement et d’implication pour meubler ce long intermède d’impatience que beaucoup ont du mal à supporter.


A- OPPOSITION / LIBERTE D’EXPRESION / INTERNET

- D’où vient l’inefficacité ou l’efficacité relatives de l’opposition et quel processus pouvons nous* bâtir avec vous** pour y remédier. Pourquoi ne pas mettre en place une assemblée de liaison visible et comprenant toutes les tendances (y compris Ennahdha) ?

-  Cette question nous renvoie à la nostalgie de cette vieille idée d’union de l’opposition ou CND. Je pense qu’il faut se poser au préalable la question de savoir on est opposé à quoi ? Car il se peut que le mot ne donne pas le même sens pour tous. Quand on est opposé à un régime déterminé une union de l’opposition peut normalement se constituer et aboutir à son remplacement. Cela peut se faire dans tous les pays ou on peut trouver des système politique qui permettent des mécanismes de régulation pacifiques des conflit stables et transparents : suffrage universel réel et garantie de contrôle judiciaire transparent et suprématie de la loi et liberté d’expression.

Dans notre cas il faut distinguer deux genres d’oppositions : ceux qui ne jouent en fait que le rôle de maquiller la véritable nature du système de dictature. Ils sont intégrés dans son système et obéissent aux lignes rouges dans lesquels on les a confinés. Leurs intérêts font toujours que leur solidarité de système l’emporte sur la démagogie de leur discours trompeur en faveur de la démocratie et des libertés.

Les évaluations politiques ne se font pas sur l’évaluation des intentions déclarées mais sur le résultat de l’observation des comportements concrets des différentes formations. Durant les dernières années nous avons pu observer que le compromis avec la dictature l’avait majoritairement emporté. (Amendement de la constitution, Référendum, Elections présidentielle et législative 2004 pour ne citer que ces fait saillants)

Ainsi évaluée la situation on ne peut pas dire qu’on est devant une situation d’inefficacité. Les choix délibérés de l’opposition ont jusqu’à présents étés efficaces dans le maintien de la dictature et de sa main mise sur le pays.

Je crois que l’opposition réelle et qui peut aboutir a des résultats est celle qui conteste la nature totalitaire et oppressive de l’exercice de l’autorité. C’est une opposition qui dépasse la contestation du régime en place pour saper les fondements du système qui le maintenait. C’est de cette opposition que doit émerger l’alternative tellement attendue et souhaitée.

Je suis en effet pour une structure de liaison entre les différents courants de l’opposition sans exclusion tout en sachant que la concrétisation d’un tel projet et au delà du permis aux partis patentés.

Je pense pour vous qui ne diffère en rien du nous dans lequel je me reconnais on est tous engagés dans le même processus de notre combat pour la liberté par l’effort plus pressant de mettre le système devant ses contradictions.

B- OPPOSITION / STRATEGIES / RELATIONS / OBJECTIFS / ORGANISATION

- "Pourquoi les partis dits d’opposition, n’arrivent-ils pas à s’entendre sur une base commune et un objectif unique, en oubliant leur clivage politique respectif pour ne se focaliser qu’à abattre le régime dictatorial et organiser des élections libres. C’est donc à ce moment, que chaque tendance pourrait se présenter aux suffrage des tunisiens sur son programme propre ?" Si, une idée existe déjà dans les esprits de ces partis, comment comptent ils rassembler les citoyens en passant outre les oppositions ou les réserves du pouvoir ?

Je pense que nos partis d’opposition sont au bout d’une stratégie qui ne leur avait amené que les échecs et l’isolement. J’ai abordé en introduction le seul programme qui me parait digne de mobiliser toutes les énergie et les potentialités du pays : Défendre les institutions sans aucun compromis ni concession et travailler pour le retour de l’Etat à la légitimité constitutionnelle et la souveraineté populaire.

Les partis, les associations et les syndicats sont aussi de cette même structure d’institutions que doit être pourvu tout état démocratique. On ne peut plus accepter leur discours sur la démocratie s’il n’est pas consacré et en parfaite harmonie avec leurs pratiques et leur gestion de leurs organisations. Seule une telle évolution est à même de briser l’esprit de microcosme inerte et fermé par ses compromis ses manipulation, ses exclusions et son incapacité d’ouverture au libre débat. Nous constatons comment les institutions vraiment démocratiques comme l’ordre des avocats et l’association des magistrats sont entrain de dépasser largement les adeptes des compromis de clans et à se positionner à l’avant-garde des luttes démocratiques dans notre pays.

Je ne veux ni polémiquer ni tenir des propos qui peuvent faire mal à des personnes pour lesquels j’ai d’immense respect malgré le différend qui nous séparait sur la pratique plus que sur les principes communs. Je crois que certains dirigeants de partis ou d’association dont le long CV d’engagement et de sacrifice pour la cause de la liberté doivent s’élever à une éthique politique supérieure d’un statut national qui dépasse aussi les limites des intérêts de leurs propres organisations. Le passage à la démocratie de notre pays est un événement sans précédent dans son histoire millénaire et jamais notre pays n’a réuni autant d’atouts pour le réussir comme il se présente aujourd’hui. Cette opportunité historique ne doit d’aucune façon être sous estimé. Tous les moyens en notre disposition doivent être rationnellement investies pour son avènement. Pourquoi transporter une confrontation avec l’occident qui n’a jamais impliqué notre pays dont son histoire et une limpide épopée d’entente et de compréhension ? A quoi sert de faire agiter la hantise du retour du colonialisme et des guerres de religions si on ne cherche pas à avorter ce processus de conquête de liberté pour toute notre société.

Je crois aussi que nous devons dépasser un seuil de différend interne pour revenir à une éthique de dialogue et de respect mutuel dans nos rapports quel que soit nos positions du pouvoir ou de l’opposition car nous n’avons rien à avoir avec les schémas libanais ou soudanais qui ont besoins d’étranger pour les départager. Une opposition de principe et intransigeante du système de gouvernance actuel doit ménager l’avenir quand on doit se rencontrer pour négocier les réformes dont notre pays a besoin. La démocratie n’est pas l’avènement de la dictature des opposants même ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir vont se trouver sur le même pied d’égalité avec la liberté retrouvée. Certains aspects que reflète les rapports entre opposition et pouvoir ces derniers temps doivent nous amener à s’inquiéter il en ressort un degrés de mépris partagé jamais atteint dans leurs rapports par le passé. Une correction de positionnement doit être opérée pour demeurer dans notre position légitime d’adversaire partenaire dans le même pays sans jamais céder à la tentation de ceux qui veulent nous pousser au statut d’ennemis car en fin de compte chaque individu finira par assumer sa responsabilité personnelle sur ses actes face à le loi.

- Pourquoi ne pas créer une comité interne : entre l’opposition et le peuple à travers les syndicats, les universités pour que les discours se dirigent vers le Bas, vers le peuple Tunisien ?

Je suis pour une structure de concertation. Mais la situation de l’opposition n’est pas mure à ce genre d’initiative et comme dit la dernière blague diffusée par TUNISNEWS ils sont occupés par la préparation des élections municipales.

- L’opposition est en Manque d’une Vision claire
-  Stratégie bien faite
-  Coordination Intérieure
-  Coordination Extérieure Pourquoi ?

Il faut le leur demander directement de s’expliquer sur ce sujet

- Qu’est-ce qui explique la peur et l’absence d’un affrontement idéologique nécessaire dans l’opposition tunisienne ? Pourquoi cherche- t-on d’instaurer coûte que coûte le politiquement correct au prix d’une hypocrisie généralisée ?

Un affrontement sous entend nécessairement un enjeu et pour des partis politique le seul enjeu est électoral seulement les élections ne constituent aucun enjeux entre eux. Alors s’affronter pour s’affronter c’est justement ce qui est en train de se passer

- Quelle est votre vision de la Tunisie de demain ? (Voir Avant propos)

C- OPPOSITION / INVITATION D’ARIEL SHARON EN TUNISIE

- Quelles est votre position par rapport à la normalisation avec Israël ?

-  Beaucoup d’analyses pointent du doigt le fait de focaliser la colère populaire sur la question de l’invitation de Sharon, ne craignez-vous un risque d’isolement de l’opposition dans un contexte où des signes forts sont donnés dans le sens d’une paix et d’une normalisation entre l’état hébreux et les pays arabes ?

Je suis réellement gêné par le nombre de questions et l’insistance sur le sujet relatif à cette invitation de Sharon à laquelle je réponds plus bas. Je ne suis pas un chroniqueur d’actualité. Je sais l’occasion pour soulever un aspect sur le degré de maturité politique de notre opposition à l’occasion.

Le fait de focaliser la colère populaire sur la question de l’invitation de Sharon relève d’une stratégie de déstabilisation prématurée du pays et révèle les limites de vision de certaines franges de l’oppositions. Je ne suis pas là pour plaire aux adeptes de certaines idéologies périmés tout en demeurant convaincu que le meilleur salut et la défense de l’identité arabo-islamique du pays ne peut en aucune façon être mieux assuré comme en démocratie je suis autant convaincu que la manipulation démagogique de cette fibre identitaire n’est plus le meilleur moyen de mobilisation du peuple tunisien et ne constituent aujourd’hui plus qu’un moyen de le détourner de véritables questions qui touche à son avenir et à sa prospérité.

Il serait temps de mettre définitivement terme à certaines contre vérité largement diffusées dans le seul but de narguer le pouvoir à défaut de vouloir ou pouvoir le confronter directement sur le véritable terrain de son exercice quotidien du pouvoir. Jamais le pouvoir en Tunisie n’a été du temps de Bourguiba à ben Ali anti-arabe ni contre l’islam dans ce pays même s’il s’est toujours comporté avec férocité contre les expressions politique de ces composantes de notre identité. je ne crois pas qu’il y a un pays plus pan arabiste que la Tunisie depuis le début des années 80 une étude menée par le centre des études de l’unité arabe avait fait ressortir que la société tunisienne est la plus pan arabe des pays étudiés. Les position sur la Palestine et sur l’Irak ont toujours été à l’avant garde de tout ce qu’aucun autre pays arabe n’a pu les soutenir avec autant de désintéressement et de sincérité. Je crois aussi que si on veut partir sur des considérations justes et objectives on doit distinguer entre la haine viscérale et la volonté d’éradiquer tout ce qui touche à l’islamisme politique dans ce pays qui est une politique constante du temps de Bourguiba et de ben Ali et le statut et le respect de l’islam en tant que religion en Tunisie. Les islamistes savent mieux que quiconque que notre pays n’a jamais connu une période durant laquelle l’islam s’est mieux propagé et définitivement instauré dans les moindres coins reclus de son territoire comme il l’a été durant ces trois dernières décennies. Jamais autant de mosquées n’ont été construites et autant de ferveur religieuse n’a été observé je ne vois personnellement aucune menace planer sur l’identité islamique ou arabe de notre société.

C’est un débat civil dont on à besoin pour affronter un système qui nous dépouille des prérogatives de notre citoyenneté et dont le totalitarisme et l’autoritarisme sont de plus en plus dépourvus d’arguments pour être justifiés.

La conquête de la démocratie représente certainement une intégration de valeurs universelles communes qui ne sont d’aucune contradiction avec notre spécificité.

- Pensez-vous que le changement et la destitution de la dictature, sans démagogie ni populisme primaire, puissent exister en opposition avec l’occident ? Ni sans normalisation avec Israël, une normalisation qui devient une évidence une fois que les palestiniens retrouve un état palestinien ?

Je me suis exprimé clairement sur ce sujet depuis 2002 par un texte qui a été largement discuté "Perspectives pour la Tunisie" sans revenir sur son contenu je dirait que le passage à la démocratie ne peut pas provenir aujourd’hui d’une révolution dans le sens que certains nostalgiques semblent le croire encore. Mais qu’il doit être l’aboutissement d’un processus de prise de conscience de la société de la nécessite d’un mécanisme qui permet la coexistence des différents courants et intérêts opposés en son sein. Ce mécanisme est universel il s’appelle l’Etat de droit et le pluralismes que garantie la démocratie. Pour aboutir à ce résultat il faut distinguer entre deux stratégies, celle qui cherche à déstabiliser le régime en place par n’importe quel moyen pour accélérer sa déchéance. Ce genre d’aventurisme politique qui semble avoir la faveur de la majorité de l’ancienne élite de l’opposition me semble contre productif et peut aboutir à l’opposé de son objectif à allonger la vie de l’état du pouvoir absolu sous une autre forme comme il s’est produit à la fin de l’ère Bourguiba.

L’autre procéder consiste à favoriser le développement politique du pays par le soutien de toutes les composantes d’expression de la diversité au sein du pays et bâtir une société civile moderne et démocratique ou chacun peut trouver l’espace dans lequel il peut défendre ses idées et ses centres d’intérêt. Pour la Tunisie ce phénomène à constitué le plus grand défit à l’ordre établit. En faisant dépouiller les détenteur du pouvoir de statut de référence totalitaire et absolu à représenter le pays son discours s’est réduit à une simple négation d’une diversité réelle dont il n’a plus aucune emprise sur son évolution.

Aujourd’hui ils sont contraint d’être présent par tout sous forme policière qui constitue une provocation de plus qui fait confirmer a tout individu leur nature d’usurpateur de pouvoir par la force de l’autorité. Cette situation même si elle permet d’assurer une relative stabilité temporairepar la dissuasion ne peut pas continuer indéfiniment. D’habitude le système érigé par Bourguiba procède chaque fois que la pression sociale atteint un niveau dangereux pour son autorité à un complot en désignant un bouc émissaire comme traître à persécuter. Depuis sa destitution à part le sort réservé aux islamistes en 1992 le régime ne parvient plus à rééditer le même scénario. Victime en partie par son perfectionnisme sécuritaire et l’excés des moyens qu’il a déployé pour mater toute la société il n’a plus d’adversaires digne de ce nom qui peuvent lui donner l’opportunité de gagner le temps d’une nouvelle redistribution toutes les cartes étant entre ses main d’une part et d’autre part les circonstances internationale ne permettent plus ce genre de procédées. Aujourd’hui il n’a plus d’alternative à la concession de plus en plus de marges à l’exercice de la liberté même sa reconnaissance n’est plus demandée et ne constitue plus un titre de légitimité. Ce processus qui doit s’amplifier doit finir par le conduire à affronter contraint le libre choix des électeurs ou à les amener aux portes de ses bâtiments de ses palais et de ses appareils de répression pour être chassé définitivement.

- Est que l’opposition a joué un rôle dans l’invitation de Sharon....Indirect : Quand l’opposition est arrivé a mettre le régime a nu , totalement isolé sur le plan Interne ; ici il n’a plus de choix que d’aller chercher ailleurs, voilà tout , voilà la réalité de cette stratégie (Opposition) qui a mener à l’invitation de charon.

-  Quelle analyse faites-vous de cette invitation ? Quels enjeux y sont-ils liés pour le régime et par rapport aux relations internationales.

J’avait normalement expliqué ma position sur ce sujet « Visite d’Ariel Sharon en Tunisie : Quel sens à cette invitation ? », mais depuis que l’information à été bruité les réactions les plus acerbes et le déchaînement des passions n’ont pas pris fin. Je reste quant à moi perplexe devant ce retour rampant de la démagogie par la façon avec laquelle le sujet vient d’être traité par une certaine opposition. Autant il est légitime qu’une position claire et unanime soit dégagée contre l’entrée au pays de ce criminel contre l’humanité cela ne justifie pas d’aller jusqu’à dire dans une réunion publique qu’il doit marcher sur nos corps pour passer ou que son entrée dans le pays va salir la terre « sacrée » du pays. Je pense que ce discours réactionnaire et passéiste n’est que l’expression du dépassement de toute une classe politique par les événements et fait douter sérieusement de ses capacités. Certains naïfs semblent croire encore que la mobilisation des masses qu’il n’ont pas réussi pendant des dizaines d’années pour amener les société à contester un pouvoir totalitaire et absolu dont le recours à la répression reste sa derniers source de légitimité peut être obtenu par le recours à un discours d’excitation des passions offensés autours d’un fait d’actualité. Cette démarche trahie aussi toute une conception de la politique fondée sur la déstabilisation du pays à défaut de trouver un programme capable d’amener la société à imposer ses droits et à défendre ses intérêts.
Je suis pour la paix en Palestine sur la base de deux Etats dans un seul pays à défaut de mieux. Solution acceptée et librement votée par les palestiniens eux-mêmes. La surenchère ne peut que leur créer d’avantage d’inutiles difficultés. La paix en Palestine conduira inéluctablement à la normalisation de l’Etat d’Israël par apport à tous les pays du monde. Cette normalisation est la pire situation dans laquelle peut se trouver ce pays qui à exister jusqu’à présent au dessus de la légalité internationale grâce au soutient occidental et particulièrement Américain. La paix va libérer tous les arabes d’un alibi qui n’a servi qu’a les soumettre sous les bottes de juntes corrompues et à les humilier et à les déposséder des plus élémentaire des droits de citoyens.
En tant que citoyen Tunisien je comprends bien l’implication pour mon pays d’inviter tous les représentants des pays membres de l’ONU pour le SMSI. - Tout en sachant qu’elle ne s’est pas gêné pour refuser d’inviter le représentant de la république Sahraoui quand elle à organisé le sommet de l’OUA.- cela ne m’empêche pas à m’opposer à la venue de Sharon en Tunisie et de revendique mon droit à l’exprimer publiquement même par voie de protestation comme cela se fait partout dans le monde quand il s’agit de visite de personnes controversés. J’ai dénoncé depuis le début la provocation dans laquelle se résume toute cette affaire dans l’intention mal saine de l part du pouvoir pour manipuler l’opinion publique et détourner son attention des véritables préoccupation des réformes politiques urgentes qui commencent à faire l’unanimité à l’intérieure et à constituer un obstacle majeur à sa diplomatie à l’étranger. Une provocation dans laquelle notre opposition vient d’exceller par la démonstration des signes de son immaturité.

En tant que Juge, et par conséquent soldat du ’droit Tunisien’, êtes-vous conscient du danger de mélanger Justice et Politique ? Si oui, comment évaluez-vous votre comportement politique en tant qu’ex Juge ? (NCH)

-  Je ne suis plus juge j’été révoqué en 2001 donc le statut dan lequel vous cherchez à m’isoler n’est plus le mien. Le reste de la question devient ainsi dépourvu de sens. Pour votre mémoire la cause de ma révocation et l’un des principaux chapitre de mon engagement est ma revendication de séparation des pouvoirs et de mettre fin à l’immixtion des politiques dans le pouvoir judiciaire. Il parait que vous n’avez pas encore saisi le sens de l’indépendance de la justice pour lequel nous militons et qui recueille l’unanimité dans le pays exception faite du pouvoir en place depuis cinquante ans.

Je trouve que le discours est déjà trop long je tient à signaler que l’importance doit être donnée plus son rôle de support de débat plus qu’a la consistance des idée qui restent propres à leur auteur. Normalement j’interviendrai pour répondre aux critiques et aux demandes de clarification. Je ne donne de leçon à personne et je n’ai insulté personne je tient à un débat frac dans le respect.

Yahyaoui Mokhtar
Tunis le 1 Avril 2005

TUNeZINE
2-04-2005

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- Lettre à TUNeZINE : « Je suis malade, mon pays est malade et s’engouffre... »
- Non à un 4ème mandat à Ben Ali
- Un tableau pour Zouhair, par l’artiste José Correa
- Listes des grévistes de la faim du 24 septembre 2004
- طعن محمد الحلواني في سلامة العمليات الانتخابية ونتائجها
- Décès de Noureddine Ben Khedher
- Déclaration : Pour le boycott des "élections" et le départ de M. Ben Ali
- Loi n° 2001-52 du 14 mai 2001, relative à l’organisation des prisons
- Tunisie - Conférence-débat à Genève
- Les vœux de Balha Boujadi
- Réactions à chaud à l’appel au débat national
- La Tunisie de Ben Ali s’invite à Genève pour défendre le choix de la dictature
- Communiqué du Collectif international pour la libération de Jalel Zoghlami
- En Tunisie, on est tous malades...
- Prix Lorenzo Natali - Journalistes en faveur de la Démocratie et des Droits de l’Homme
- تأكيد من لوممبة المحسني حول الأحكام المجحفة الصادرة بحقه وحق رفاقه
- Le Collectif de l’appel au boycott des élections présidentielles et législatives en Tunisie
- Appel pour le boycott actif des élections du 24 octobre 2004
- L’Observatoire - Bulletin No. 29 - Août - Septembre 2004
- ضد التصحّر الثقافي، ضد الاستقالة ! لا لمهزلة 24 أكتوبر 2004
- Rassemblement et lettre à la société civile
- بيان حول الانتخابات الرئاسية والتشريعية لسنة 2004


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