|

Tous les partis d’opposition, y compris Ennahdha -avec une teinte religioso-populiste- semblent revendiquer ce qui suit : libérer les prisoniers politiques, établir des élections libres, combatre la corruption, repecter les droits de l’homme, établir la démocratie...revendications tout à fait légitimes, que les associations réclament, mais largement insuffisantes pour un parti politique.
Il ne faut pas confondre programme politique d’un parti et revendication de la société civile. L’établissement de la démocratie est un préalable demandé par tout le monde, qu’est-ce qui distingue donc un parti d’un autre ?
Pour que ces partis d’opposition aient un impact et augmentent leur niveau de crédibilité, certaines règles sont nécessaires :
Premièrement, il faut déjà que les partis d’opposition donnent eux-même l’exemple : élections démocratiques au sein même de ces partis, alternance des secrétaires généraux doivent être la règle. De tels processus sont-ils en cours ? D’autres leaders sont-ils apparus ?
Deuxièmement : il faut que les partis explicitent leur programme politique, et pas dans des termes vagues, par exemple : Quelles orientations économiques ces partis veulent-ils prendre (privatiser d’avantage ? combatre les monopoles ? Étatiser ?, garder le tourisme comme composante majeure de l’économie ? Comment pensent-ils résoudre les problèmes de chômage, de la médiocre qualité de l’enseignement, de la médiocre qualité des transport ? Des problèmes de décentralisation ? Quel rôle régional notre pays doit-il jouer ? Doit-il être le pont entre Europe-Monde Arabe, ou doit-il se cantonner dans un rôle mineur ? Doit-on coopérer plus avec des pays arabes en restant neutres ou doit-on dénoncer leurs problèmes ? Doit-on se rapporcher plus des pays d’Europe (au niveau fonctionnement des institutions) et culturellement quelle orientation prendre ?
Troisièmement : pourquoi ces partis ne publient pas (ne serait-ce qu’un bulletin trimestriel) nous informant de leurs prises de position.
A toutes ces questions, et à davantage d’autres, les véritables partis d’opposition (y compris Ennahdha) doivent répondre, et ceci doit évoluer au fil du temps, vu que la Tunisie évolue constamment aussi bien socialement qu’économiquement. Ces partis doivent se démarquer clairement sur l’échiquier politique : leur orientation gauche/droite doit être claire.
L’idée émise par Ennahda d’avoir un leader de l’opposition unique peut paraître intéressante mais masquerait la réalité des divergences idéologiques, outre qu’elle serait irréalisable (une coallition de partis serait plus appropriée) ce leader serait une cible facile pour le pouvoir benalien.
Il ne faut surtout pas tomber dans le piège libanais où des leaders immuables représentent des clans et non pas des idées. |