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Sachant trop bien que nous sommes issus d’un peuple qui n’a jamais été libre dans ses choix, nous voyons clairement comment la jeunesse n’arrive pas à se décider d’elle-même. Et finalement, elle bascule à gauche et à droite ; comme n’importe quelle pendule. Cette jeunesse me parait comme si elle n’a pas confiance en elle-même. Elle s’attaque à tout le monde à tort et à travers sans la moindre stratégie du combat.
La liberté de s’exprimer n’a jamais été bien comprise et n’a jamais été bien appliquée. Notre jeunesse se perd trop vite dés qu’il y a beaucoup de variables devant elle ? Ayant un champ visuel trop rétréci, elle n’arrive pas à bien fixer son cap. Les jours de combat paraissent si longs, que ses éléments actifs commencent à rebrousser chemin vers la solitude, vers l’indéfini et peut être vers l’exil. Donc, elle s’éloigne un peu plus du peuple qui compte sur elle.
L’engagement de notre jeunesse reste encore trop faible et pas sérieux comme l’exigerait la situation actuelle. A la place de découvrir de nouveau chemins, pour bien canaliser ce flux important d’information, elle cherche midi à quatorze heures. Je suis sûr et certain que ni la liberté ni la dignité ne seront appliquées si cette jeunesse ne sait pas que les jeux d’enfants ne font qu’alourdir les fardeaux et les héritages pour les générations prochaines. Le peuple tunisien est obligé de sacrifier une Génération quelques soit les conditions : il doit payer le prix de sa propre liberté. Autrement dit, de rien on ne peut s’attendre qu’à du vide. De rien, rien ne nait. Et l’eau ne peut circuler à travers les pierres.
Sachant aussi que nous sommes issus d’un peuple matraqué depuis plus de cinquante ans par des journaux vides, par une boite au nom de télévision et par un système éducatif basé la totale obéissance aux instituteurs, aux professeurs, aux directeurs et enfin au pouvoir, nous sommes devenus tout sauf de vrais hommes. Qui peut prendre les bonnes décisions aux bons moments ? Sans identité nous sommes donc grandis. C’est qui le Tunisien ? Savez-vous ou non ? Je veux vous dire tout simplement, ce monsieur est un individu vivant sans raison de vivre. Un Tunisien est individu totalement détruit, qu’on ne peut pas compter sur lui pour s’engager envers sa propre survie. Il est un homme sans la moindre fierté nationale. Le monsieur ne croit pas, ni en lui-même ni en les autres. C’est ainsi que la dictature, et sans effort, aura et a les champs trop vastes pour régner jusqu’à l’infini. C’est uniquement à cette jeunesse de faire renaître cet individu en lui-même. Sans l’engagement total de plusieurs milliers, le peuple comme identité et comme nation peut se dissoudre facilement dans toutes sortes d’exclusion.
Sans liberté d’expression, sans liberté de penser, sans liberté de mouvement, sans liberté de réunion et sans échange d’idées, il n’y aura pas de nouvelles usines, ni des nouvelles écoles, ni de nouvelles universités et ni de nouvelles familles pour que ce peuple puisse exister et uvrer en phase avec les autres nations. Aujourd’hui même, quand les autres peuples sont en train de bâtir de nouvelles usines, de nouveaux navires, de nouveaux avions, nous sommes encore en train d’essayer de libérer les prisonniers politiques. Nous sommes hors histoire humaine et hors civilisation parce que nous sommes simplement exclus par notre régime. Nous ne sommes pas si loin de l’Europe, nous devrions alors avoir la première place de la sous-traitance technologique ! Nous nous y trouvons des simples consommateurs de tous les produits. Nous n’avons même pas pu produire de quoi manger, de quoi boire et de quoi s’habiller. Nous sommes en fait considérés comme poussière d’individus. Par qui ? Par son propre leader connu comme sans équivoque.
Terrorisé, un peuple que nous sommes depuis 50 ans, notre conquête sera de plus en plus difficile, vue l’insolvabilité de beaucoup de questions historiques. Dans le monde, chaque événement historique est lu, interprété et bien compris pour qu’il soit comme une nouvelle leçon. Chez nous, rien n’a été fait et tous les faits historiques restent cachés en total secret et ne présente qu’un potentiel pour encore réprimer et terroriser le peuple. Ni le régime ni les acteurs de la politique d’opposition ne veulent parler en profondeur du mal qui a été fait à leur propre peuple. Nous sommes en manque d’humanisme. Seule cette génération peut accepter le dépassement si les points sur les « i » seront bien mis. L’espoir, tout l’espoir reste encore flou. Un rêve si lointain que seul un génie peut référer la façon, comment le tunisien doit penser.
Comment s’approcher de cette jeunesse et lui faire comprendre qu’elle est la responsable du bon et du mauvais futur. Nos parents ont tout simplement cru dans ce régime, alors ils ont laissé passer les choses dans l’espoir que le régime se régularise de lui-même. Mais à chaque fois ils se rendent compte qu’ils ont fait le mauvais choix de lutte. Pauvres qu’ils sont, nos parents, ils se responsabilisent eux même de la situation et s’enferment pour encore laisser passer une nouvelle chance. Nos parents ont démissionné il y a plusieurs années. La Société a été et reste fermée, jusqu’à que quelqu’un évangélise l’occupation et diabolise toute sorte de contestation. Le peuple tunisien prend la route de l’exil sur sa propre terre. La jeunesse cherche des nouveaux fronts, la mer, l’océan, l’alcool, la drogue et enfin les guerres lointaines.
Ces jeunes qui veulent libérer l’Iraq sont-ils vraiment honnêtes avec eux même ? Sans la moindre doute ils sont comme ça et même plus, ils sont pour aller libérer Al-Quds après l’Iraq. Moi, j’analyse et je traite les choses différemment dans ce cas trop fragile et mal compris par beaucoup des idéologues. Je vois que ces jeunes sont abandonnés, sans le moindre encadrement et sans le moindre espoir de vivre sur leur propre terre.
L’action la plus facile est de tirer sur la gâchette, mais affronter en face la logique responsable de la situation nécessite des têtes pensantes. Mais la vraie question est comment faire face à un régime bien armé avec uniquement de simples textes, avec de simples discours, avec du bla-bla comme beaucoup d’entre nous, qui caractérisent le combat sur le net comme virtuelle et n’a aucun sens sur le plan réalité ? Ces hommes et ces femmes, qui sont au pouvoir, n’hésitent jamais à tirer en plein jour sur la moindre mouche qui ose survoler leur territoire, ceci est une vérité dure comme leur logique de gouvernance : « si tu n’es pas avec moi, tu es contre moi ». La loi pour eux se trouve juste au bout du canon, celle de plus fort. Ces hommes et ces femmes n’ont pas besoin de prouver leur politique envers le peuple, mais cherchent uniquement, et a tout prix, de la prouver devant les donateurs du monde entier. Ils s’appuient sur la phrase : « Savez vous quel peuple nous sommes en train de gouverner ? Des hypocrites, des ânes et un peuple formé en majorité de bêtes !!! ».
Ils poussent la jeunesse vers l’incertitude, vers le suicide et vers le terrorisme. L’ennemi est donc bel et bien créé. La jeunesse a simplement perdu la cible.
C’est ainsi que les faux débats s’installent de nouveau, c’est ainsi que les donateurs cherchent à faire encore plus de pressions pour conquérir des nouveaux marchés et c’est ainsi que la jeunesse se perd dans une logique aussi compliquée que facile à démonter pièce par pièce. Aujourd’hui, les jeunes des peuples soumis sont en conflit direct avec les donateurs tout en parrainant leurs dictateurs. Autrement dit, nos jeunes sont pris entre deux feux : d’un côté les donateurs et de l’autre les dictateurs : C’est la logique de TAREK IBNOU ZIED pendant la conquête de l’Espagne. Mais cette fois-ci le cas est totalement à l’inverse, l’écrasement sera inévitable, au moindre faux pas, en avant ou en arrière.
Peut on donc modéliser cette situation en identifiant tous les acteurs ?
Divisons ceci sur trois cas :
Cas 1 : Confrontation directe avec les donateurs. Ce cas est à éviter, ni plus ni moins, et sans la moindre explication parce que c’est évident.
Cas 2 : Confrontation directe avec la dictature. Ce cas aussi est à éviter vu la non identification du champ d’action. La dictature en est une pour les uns et ne l’est pas pour d’autres, d’où la confusion.
Cas 3 : Je veux essayer de développer ma thèse, même si je vois que la solution est trop difficile, vu les nombreuses corrélations entre les variables :
1. L’élargissement du champ du combat par la création d’une infinité de fronts et par le recrutement de plusieurs « tireurs » est une nécessité absolue pour une meilleure défense. Ainsi les actions ne seront que plus efficaces, plus aiguillés et plus précises et surtout il n’ y aura pas de fausses voies.
2. Une fois que le champ du combat est devenu plus large, les donateurs auront la possibilité de voir de plus prêt les demandeurs. Donc s’il y a un tir, une action, une initiative, ils seront dirigés vers la bonne cible et non pas dans le dos de notre jeunesse. L’élargissement du champ va faire découvrir les vrais acteurs de part et d’autre. D’où une nouvelle situation qui nécessite la mise en équation de nouveaux acteurs. |