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La politique en Tunisie n’a jamais connu de saison chaude à part le peu de réchauffement dû à quelques escarmouches par ci et par là suite à l’affaire Me Abbou. Quelques autres signes de raz-le-bol du côté des professeurs universitaires et une petite révolte sauvagement réprimée lors de l’annonce de l’invitation de Sharon en Tunisie.
Depuis, rien, le silence radio, la saison estivale a fait que tout le monde s’en détache. Après tout, ça n’a jamais été aussi important que ça, la politique. On se la coule douce dans les plages, on se tape des siestes à longueurs de journées sans se casser la tête à résoudre les casse-têtes à la tunisienne. C’est une période assez exceptionnelle, il nous faudra attendre la prochaine grève de la faim d’un figure un peu connue, d’une nouvelle arrestation de la part du ministère de l’arbitraire pour que l’on voit quelques voix s’élever pour se taire par la force ou par le découragement, parce qu’après tout l’effet boule de neige tant recherché n’existe pas en Tunisie, ça fend très rapidement.
Une question ne cesse de me revenir à l’esprit, sommes-nous réalistes dans nos demandes, il me paraît assez clair que nos demandes sont trop élevées par rapport à un régime qui ne donne rien, mais faut-il changer de stratégie ? Dommage ? La réponse est certes OUI même si je ne vois de stratégie nulle-part. Vous en voyez vous ? Je ne suis pas là pour critiquer pour ne rien dire, mais je suis en train de penser à haute voix. Qu’est-ce qu’il nous faut ? nous avons répondu à cette question des centaines de fois, nous avons fixer et refixer les objectifs à des reprises infinies.
Mais hélas, rien ne ressort de tout ça. Alors que faire ? dormir encore et rêver d’une Tunisie démocratique ? Attendre voir l’opposition faire quelque chose de grandiose. NON, tout cela est une grosse blague. La solution baguette magique n’existe pas non plus. Il n’y a que deux choses substantielles actuellement en Tunisie à mon sens : Un régime totalitaire qui ne cesse de se renforcer en ignorant complètement l’opposition, même le SMSI et tout l’intérêt international ne le fait pas rougir, une machine infernale trop forte et tellement puissante que rien ne la fera bouger d’un iota ; et une société dont la grande majorité n’a aucun intérêt à la politique.
Les uns se plaisent à suivre le système et à en profiter, les autres font l’éloge continuel d’une Tunisie définie comme le pays le plus ouvert et développé de la région. Eh oui mesdames et messieurs, nous sommes les plus développés. L’économie ne souffre aucunement, d’ailleurs le secteur du textile fait un bond terrifiant, la corruption ? ce mot est inconnu en Tunisie, jamais dans les institutions de l’état, on n’a entendu parler d’un tel comportement, les policiers, eux, trop discrets et invisibles, n’ont jamais fait d’abus de pouvoir, ni rien de la sorte. La démocratie bat son plein, d’un député à l’autre, d’un journaliste à l’autre, on nage dans une atmosphère constructive et de critique mutuelle incomparable.
Les pays les plus démocratiques nous envient. Les Tunisiens eux, ils respectent pleinement les codes de la route, ils font la queue partout : dans les banques, dans les bureaux de postes, dans les hôpitaux, dans les stades.
On se serait cru dans les pays des merveilles. C’est magnifique ?
Sans blague ! Croyez-vous qu’à ce rythme nous allons avancer ? Ce n’est pas pour vous décourager et me décourager, mais je vous repose la question : que faut-il demander à ce régime ? Au lieu de mettre l’accent seulement sur l’amnistie et les projets pompeux, le changement de régime qui se présentent comme irréalisable, pourquoi ne pas commencer par les petites choses que nous pourrions changer, bien sûr sans oublier le reste du travail entamé. Je pense qu’il y a des choses beaucoup plus importantes : le combat, la corruption et sa dénonciation, demander les amélioration dans le système éducatif, le système de santé, combattre l’analphabétisation, faire des campagnes anti-tabac, des campagnes contre l’alcool au volant, toucher les jeunes et les moins jeunes pour une comportement d’ordre et d’organisation, appeler à privilégier le dialogue et l’échange démocratique et travailler à l’effectuer. Je ne vois que ça parmi tant d’autres choses qui peuvent paraître minimes, mais qui pourrait être déterminantes dans le renforcement du combat contre le système pourri, les choses vont de soi à commencer du bas vers le haut et non l’inverse. Car viser le haut de l’échelle en premier sans passer par les étapes est absolument une erreur fatale.
Même si un gouvernement change en Tunisie, maintenant, on ne reverra que des retournements de vestes assez spectaculaires, mais l’essentiel n’a jamais été bien préparé pour une transition. |