|
Pour mieux saisir la portée des événements politiques et médiatiques qui ont marqués notre pays ces dernières semaines il serait judicieux d’envisager la situation du point de vue du dictateur Ben Ali afin d’inscrire ses dernières manoeuvres dans le cadre de sa politique jusqu’au boutiste. Quelle est la situation réelle de Ben Ali ? Et Quelles sont les choix offerts à lui ? En répondant à ces deux questions nous pourrons mieux comprendre les dernières manoeuvres du dictateur.
Quelle est sa situation politique aujourd’hui ?
Abstraction faite de sa maladie (fictive ou réelle) Ben Ali est en fin de règne. Fin de règne ne veut pas dire vacance de pouvoir et encore moins abdication. Ben Ali est aujourd’hui pris dans un éteau politico-clanique dont les machoires représentent d’un côté la famille trabelsi et à leur tête Leila qui ne cache plus ses ambitions de pouvoir exécutif direct ou indirect ; et de l’autre toute la machine du RCD qui n’est pas prête ni à laisser le pouvoir aux mains des trabelsi (trop risqué) ni à risquer les privilèges de ses cadres par une trop importante remise en cause de sa légitimité, et notamment par les chacelleries occidentales.
D’autre part, la grogne embryonnaire qui traverse le pays mérite désormais que l’on tienne compte avant que la situation ne lui échappe. Ceci dit il ne faut pas se leurer, le succès remporté par l’opposition et sa grève héroique ne permet pas aujourd’hui de dire qu’un mouvement social de contestation peut voir le jour dans les prochains mois. Le mouvement a atteint des objectifs inespérés sur le plan médiatique et auprès de l’opinion publique internationale mais sur le plan national nous nous sommes qu’au début d’un processus que nos grévistes ont l’énorme mérite d’avoir enclenché.
Au vue de ses considérations majeures, Ben Ali sait aujourd’hui que sa marge de manoeuvre est étroite si il veut conserver - et il le veut- la main mise sur les rouages de l’Etat ; d’où la stratégie de la carotte et de batôn pour répondre à la deuxième interrogation concernant les choix offerts à Ben Ali.
Sachant qu’une dictature ne peut en aucun cas envisager sa propre désintégration toutes les manoeuvres qu’elle envisage ne cherche qu’à prolonger voire renforcer ses positions toute en affaiblissant les positions de l’adversaire qu’il soit exogène (opposition) ou endogène (les clans). Pour ce faire Ben Ali sort de son chapeau une recette vielle comme le monde qui vise un double objectif :
1- l’Opinion internationale (Europe/USA et ONG) pour elle il annonce haut et fort la convocation d’une mission spéciale pour l’ouverture du dialogue avec l’opposition et les ONG nationales. ayant mis la barre très haut, le dictateur fait croire que rien que l’annonce verbale d’une telle initiative doit être perçue comme un signe d’ouverture qui donnerait des arguments à ses défenseurs étrangers (principalement en France) et lui procurerait davantage de marge de manoeuvre pour consolider son véroullage totale de la vie politique dans le pays. Bientôt nous verrons fleurir sur certains journaux des titres notant avec satisfaction la "décrispation et l’ouverture du régime" et ainsi les regards se détourneront progressivement de la Tunisie et vers d’autres sujets d’actualités.
Ben Ali continura à servir davantage les intérêts israeliens et américains tout en garantissant à l’Europe la "stabilité formelle" dont elle a besoin pour la conduite de ses affaires dans toute la région.
On pourrait donc penser qu’il s’agit d’une carotte empoisonnée ou d’une manoeuvre classique mais efficace puisqu’elle répond aux exigences de M. Chirac pour que ce dernier puisse continuer à apporter son soutien inconditionnel au dictateur ayant des arguments, même fallacieux, entre ses mains.
2- Sur le plan national Ben Ali brandit le bâton nommé Ganzoui. Pour saisir la porté d’une telle renomination, il faudrait intégrer un argument certes pas très scientifique, mais ô combien important chez notre dictateur, qui est "la psychologie du voyou". La giffle que Ben Ali vient de recevoir en ratant totalement son sommet, et en subissant une humiliation sans précédant ne peut et ne doit passer sans que la bête bléssée ne se venge et n’applique "la logique des voyous du marché Moncef Bey" pour cela la nomination de Ganzoui apporte la solution à un double problème.
Le premier concerne la vengence immédiate et primaire contre toute la société civile tunisienne et son entourage. Pour y parvenir Ganzoui a déjà fait ses preuves et compte parmis les meilleurs tortionnaires dans monde (torutre, assassinat, harcelement, fisc, cassettes pronos, etc sont quelques unes de ses méthodes)
le deuxième problème concerne les petites cellules de contestation qui ont vu le jour à l’occasion du mouvment du 18 octobre qu’il faut tuer dans l’oeuf avant qu’elle ne se transforme en coordination nationale. La aussi Ganzoui est l’homme de la situation. Il jouit d’une réputation d’un homme sans coeur dans un Etat sans loi et donc il ne faut pas être un génie de la politique pour comprende que ce tortionnaire va enclencher une vague de repression sans précédent, semblable à celle des débuts des années 90 et cette fois-ci contre toute forme de contestation qu’elle soit islamiste ou laïque. Pendant que Ganzoui opére dans les coulisses du ministère de l’intérieur, Ben Ali peut vaquer à la neutralisation des clans et à la conservation de l’essentiel du pouvoir. M Rafik Bel Haj kacem étant d’ores et déjà hors circuit, et Ben Ali lui-même ayant peur de voir la situation lui échapper (car c’était lui le véritable ministre de l’intérieur) fait donc appel à un soutien important pour se donner davantge de temps pour faire face aux nouveaux problèmes (succession et contestation) qui ont surgient au grand jours en l’absence de Ganzoui.
Quant à l’opposition qu’il souhaite écouter on peut se demander de quelle opposition parle -t-il et de quelle ONG ? S’il entend par opposition les parties légaux (PDP et FDLT) enregistrer leurs doléances n’implique aucune avancée significative réelle, c’est tout au plus une manière de les endormir sachant qu’elle n’ont pas d’assise populaire pour peser lourd sur l’échiquier politique. Ne pas engager des discussions directes avec l’executif est une indication claire sur la manoeuvre de domestication et de délitement que le régime vise à mettre en place.
Les autres partis politiques non reconnus ainsi que les ONG ne seront (et c’est un pari que nous relevons) même pas auditionnées.
On peut donc dire que la dictature met en branle la machine répressive qui doit à présent tourner à plein régime avant que tout mouvement de protestation significatif ne voit le jour. C’est la dernière carte répressive que le régime va abattre espérant qu’elle va lui procurer un souffle nouveau le temps de mettre en place une véritable succession à la Poutine.
Que doit faire la véritable opposition ? pour éviter que le post ne soit trop long nous allons suggérer une seule proposition.
Se présenter en ordre groupé : toutes les revendications de nature POLITIQUE doivent être satisfaites résumées par les 3 points du mouvement du 18 octobre. NE JAMAIS SE PRESENTER EN ORDRE DISPERSER OU ACCEPTER DES PETITS INTERETS PARTISANS.
La bataille ne fait que commencer à nous les citoyens soucieux de l’avenir de notre pays d’avancer avec lucidité et détermination jusqu’à la |