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 Source : www.planetenonviolence.org
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La libération de certains prisonniers politiques ou d’opinion en Tunisie nous a apporté de l’air frais, voire une potitivité relative à la situation des libertés. Un bonheur partagé et ressenti comme un résultat venu suite à un travail acharné de plusieurs parmi nous. Comment prendre cet évènement ? Est-ce un point positif vers une véritable démocratisation du pays ou alors rien qu’un geste simple et sans signification ?
Je pense qu’il faut y réfléchir et surtout être prudent pour ne pas tomber dans un piège tendu. Il est impératif de lire entre les lignes et de prendre ce qui pourra nous servir et renforcer nos rangs, tout comme le régime qui ne fait que ce qui embellit son image.
D’abord, il faut rappeler que tous les prisonniers ne sont que majoritairement des priosonniers de droit commun ; le chiffre, qui parait énorme, n’en a touché qu’un nombre miniscule. Plusieurs parmi ceux-là ont purgé la presque totalité de la période de leur détention, ou alors sont sortis après avoir fait l’objet de l’instrumentalisation de l’appareil dit judicaire et les procés pipés qu’ils ont subis. l’exemple que des Internautes de Zarzis, de Me Abbou encore injustement emprissonné ou d’autres en témoignent. L’affaire de Zarzis a été la preuve irréfutable de la validation, par le régime, de la loi anti-terroriste. Très médiatisée, cette affaire a soulevé l’indignation dans les quatre coins du monde. Erreur monumentale à rectifier le plus tôt possible et sortir gagnant d’une affaire qui a bousculé le régime et a terni son image au lieu de la blanchir. Il me semble que la libération de certains prisonniers d’opinion, n’est qu’une tactique : une façon de se faire racheter tout en restant le plus fort et recevoir une certaine reconnaissance, au moins, de la part des ex-prisonniers ainsi que de plaire à certains gouvernements puissants. En somme, ceci ne représente en rien une grâce présidentielle, ni moins un geste politique d’ouverture.
Ensuite, un geste positif pour la démocratisation du pays ne sera jamais une preuve d’ouverture sans la participation de l’appareil judiciaire. On aurait donné une vraie impression d’ouverture vers la démocratie, s’il y avait une implication de la justice indépendemment d’un geste de grâce isolé et sans grande importance. On aurait été doublement heureux, si un tel geste aurait été fait au nom de la justice et qui aurait été certainement plus percutant et crédible que de le faire au nom d’un seul individu ayant eu pitié de ceux qu’ils avait toturés des années durant.
D’ailleurs, une bonne intention ne vient pas au compte-goutte. Au cas où elle existerait, je me demande pourquoi elle n’a pas touché Me Abou ou au moins une autre centaine de prisonniers d’opinion, sinon tous. Il ne faut pas rêver ! C’est une façon très stratégique pour nous rappeler qu’à chaque libération aussi minime soit-elle, il y a un pas vers l’avant pour nous faire oublier les dix pas en arrière. Ainsi, il y a toujours de quoi occuper l’opposition du vrai travail politique et par conséquent toucher aux faiblesses de la politique du pouvoir. Ceci empêchera également toute organisation et renforcement de l’opposition dans la proposition d’alternatives. Arbitraire comme stratégie ! Je me demande pourquoi le régime tunisien ne met pas en branle un vrai projet de démocratisation visible et concrêt ayant au moins une justice indépendante sans implication aucune de l’Éxécutif.
Utopique me diriez-vous ? Je ne pense pas. C’est ici que réside le problème de notre opposition. J’oserais dire que cette dernière libération est un gain, une réussite d’un travail sans relâche. Le fruit est là même s’il n’est pas tout à fait le souhait de tous. Je pense que rien ve vaut un travail politique paralèlle : je veux dire par là, un travail acharné revandicateur d’une justice indépendante, ou un autre travail touchant le dossier de la corruption, le chômage, etc. Je crois qu’il faut apprendre des expériences passées. Ça a marché, même partiellement, pour le combat pour les libertés dans ce cas-ci les prisonniers libérés, pourquoi ne pas en faire de même pour certains dossiers important ? Le fruit viendra. Je pense également que le travail doit avoir la même importance que celui fait pour les prisonniers sinon ça tombe vite dans les oubliettes. |