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J’ai l’habitude d’être très critique sur ce type de rencontre qui généralement ne démontrent que les limites de l’opposition à être contagieuse et à organiser des moments forts. Aujourd’hui, rien de tout cela. Un après midi bien organisé, des interventions passionnées et motivées, une opposition avec un seul mot à la bouche : l’union. L’union contre la dictature, l’union contre Ben Ali pour prolonger le combat lancer par les 8 grévistes de la faim.
L’un d’entre eux Abderraouf AYADI était présent et est intervenu avec des mots d’une force incroyable qui feraient lever un pays si celui ci pouvait les entendre. Si je n’ai pu prendre assez de notes, l’après midi a été enregistrée et j’espère de tout coeur que les extraits les plus explicites seront diffusés.



On a pu y écouter les soutiens de la classe politique française (PS, PC, LCR et Verts) et aussi étrangère, les représentants de la magistrature, et d’autres encore comme Monseigneur Jacques Gaillot qui sont intervenus avec force pour exprimer leur volonté d’agir pour les tunisiens, pour les prisonniers politiques, pour les internautes de Zarzis (alors que les internautes tunisiens brillaient par leur absence) devant une salle pleine d’anonymes, militants, responsables présents en nombre et une présence de plusieurs journalistes français et étrangers. Ecouter la voix de Térésa Chopin qui parlera de son fils et de ses camarades avec une émotion n’a laissé personne intact.


On y apprendra que le retrait de la plainte contre la LTDH est un leurre car toutes les plaintes n’ont pas été retirées et que l’affaire est reportée au 3 décembre quand les projecteurs et les caméras se seront éloignés de la Tunisie. On y apprendra encore qu’une grève de la faim sera lancée le 16 et 17 novembre au Maroc accompagnée de sit-in. Qu’une autre grève de la faim sera lancée à Paris sera lancée du 15 au 17 novembre prochain et est ouverte
[1] à toutes celles et ceux qui voudront témoigner leur volonté d’en finir et de dire Yezzi à Ben Ali.

Yezzi, vague citoyenne de protestation sur le net sera d’ailleurs évoquée à plusieurs reprises.
Ces cinq heures furent émaillées également par les passages de plusieurs artistes, notamment Adel Bouallègue venu de Tunis, ou encore le virtuose Mohamed Bahr accompagné par la chorale de la FTCR qui nous ont joué des mélodies, des chants porteurs d’espoirs et d’amour. Mohamed Bahr, ce n’est pas juste un artiste dont la musique et la voix transportent, c’est un poème que chacun devrait connaître par coeur.

D’autres artistes étaient présents par leurs dessins, leurs tableaux. Citons le peintre calligraphe algérien Nesroulah Yous dont les toiles coloraient avec bonheur l’espace d’acceuil ou encore les oeuvres de Radhia Aouididi.


D’autres artistes encore et non des moindres étaient présents par leurs oeuvres. Ils s’agit des prisonniers politiques par les objets

qu’ils ont réussi à transmettre. Objets fabriqués depuis l’enfer des prisons tunisiennes malheureusement magistralement représentées sur une carte murale. Et une lettre.


Ecrite sur un papier mouchoir.

Ne plus pleurer, écrire et dire.

Quelle leçon !
Merci et bravo aux organisateurs qui ont permis ce moment à quelques jours du SMSI. Ils ont démontré qu’uni le peuple, jamais, ne saurait être vaincu. |