|
Un activiste bahreïni des droits de l’Homme, Abdel Hadi al-Khawaja, condamné dimanche à un an de prison ferme, a été gracié le jour même par un décret royal, a-t-on annoncé de source officielle. L’activiste, arrêté fin septembre et jugé pour "incitation à la haine contre le régime", a été condamné dimanche matin à un an de prison ferme par la cour pénale de Manama. Mais l’agence officielle BNA a publié dans la soirée un décret du roi Hamad ben Issa al-Khalifa stipulant "que l’emprisonnement d’Abdel Hadi al-Khawaja doit être limité à la période ayant précédé la publication de ce décret, et une remise du reste de la peine qui lui a été infligée" par la cour pénale. Le roi Hamad, dans ce même décret, a demandé au procureur général "de prendre les mesures pour libérer les autres personnes arrêtées" après l’interpellation de l’activiste. La détention de M. Khawaja avait provoqué des manifestations de rues et une dizaine de protestataires avaient été arrêtés pour "propagation de rumeurs". M. Khawaja, 43 ans, n’a pas assisté à la brève audience annonçant le verdict. Les avocats de la défense ont protesté contre "l’inconstitutionnalité" du procès ouvert le 16 octobre et ont boycotté les dernières audiences de la Cour, dont celle de dimanche. Des dizaines de protestataires, rassemblés devant la Cour, ont accueilli l’annonce du verdict en réclamant la démission du Premier ministre bahreïni, cheikh Khalifa ben Salmane al-Khalifa. "Khalifa, démets-toi", criait la foule. L’épouse de M. Khawaja, Zeineb, a dénoncé le verdict comme "injuste" et a écarté un recours en appel. "Abdel Hadi ne veut pas faire appel car il estime que la loi est injuste et qu’il ne peut pas bénéficier d’un procès équitable", a-t-elle dit. Une représentante d’Amnety International, Joanna Oyediram, présente au tribunal, a réclamé "la libération immédiate et sans conditions" de M. Khawaja que "nous considérons comme un prisonnier d’opinion". M. Khawaja avait plaidé non coupable face aux accusations "d’incitation à la haine contre le régime" et de "propagation de rumeurs sur des abus de pouvoir par des responsables gouvernementaux et le gouvernement". Il est le vice-président du Centre bahreïni des droits de l’Homme que le gouvernement a dissous le 29 septembre pour avoir "contrevenu à la loi sur les Associations". Il avait été arrêté après une conférence sur la pauvreté à Bahreïn, où il avait accusé des responsables bahreïnis d’"abus de pouvoir".
Agence France-Presse 21 - 11 - 2004 |