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Marwan Barghouthi, un chef du Fatah détenu en Israël, s’est porté officiellement candidat mercredi soir à la présidence de l’Autorité palestinienne, à quelques heures de la clôture du dépôt des candidatures. Le mouvement radical Hamas a appelé de son côté ses partisans à boycotter cette élection prévue le 9 janvier. Un haut responsable palestinien a affirmé à l’AFP sous le couvert de l’anonymat que M. Barghouthi avait fait part de sa volonté de se porter candidat lors d’une visite que lui ont rendue en prison sa femme Fadwa, deux ministres palestiniens et un avocat. La période de dépôt des candidatures à l’élection devait se terminer à minuit (22h00 GMT). Un frère de M. Barghouthi a affirmé à l’AFP avoir, à la demande de Fadwa Barghouthi, déposé dans une banque de Ramallah la somme de 3.000 dollars que chaque candidat doit verser pour pouvoir se présenter. "J’ai reçu un appel de Fadwa après sa visite chez Marwan et elle m’a demandé de payer les frais du dossier de candidature avant la fermeture des banques", a déclaré à l’AFP Mouqbel Barghouthi. "J’ai payé la somme mais le formulaire d’inscription est toujours dans les bureaux" de la Campagne pour la Libération de Marwan Barghouthi, une association qui lutte pour sa libération, a-t-il ajouté. Le directeur de l’association, Saad Nimer, a confirmé qu’une annonce sur la candidature de M. Barghouthi était imminente. Arrêté en avril 2003, M. Barghouthi, 45 ans, secrétaire général du Fatah en Cisjordanie, a été condamné en juin dernier à cinq peines de prison à vie par un tribunal israélien qui l’a reconnu coupable d’implication dans des attentats anti-israéliens. M. Barghouthi avait pourtant annoncé dans un discours lu en son nom vendredi qu’il ne briguait pas la présidence de l’Autorité et appelé, au nom de l’unité du Fatah, à voter pour le candidat du mouvement, le chef de l’OLP Mahmoud Abbas. Cette annonce avait été faite après que des proches de M. Barghouthi eurent affirmé la veille qu’il avait décidé de briguer la présidence de l’Autorité. Une telle candidature est surtout appuyée par des jeunes cadres du Fatah qui ne sont pas toujours sur la même longueur d’onde que les caciques revenus d’exil dans le sillage d’Arafat à partir de 1994. S’il venait effectivement à se présenter, M. Barghouthi devrait le faire en tant que candidat indépendant, M. Abbas ayant été désigné par les instances dirigeantes du Fatah comme son "unique candidat". Alors que M. Barghouthi s’apprête à se jeter dans la course présidentielle depuis sa cellule de prison, le mouvement radical Hamas a appelé ses partisans à boycotter le scrutin. "Le Hamas annonce qu’il boycotte l’élection de la présidence de l’Autorité palestinienne", a déclaré l’un des principaux responsables du mouvement, Ismaïl Haniyé, lors d’une conférence de presse à Gaza. "Le Hamas appelle ses cadres, ses membres et ses partisans à boycotter l’élection présidentielle palestinienne", a-t-il ajouté. Il a notamment souligné que son mouvement souhaitait la tenue d’"élections générales : présidentielle, législatives et municipales" et non d’un scrutin uniquement présidentiel. Le Hamas avait déjà boycotté les premières élections générales en 1996. "Le Hamas est un mouvement palestinien qui a ses propres opinions et la décision de boycotter ou de participer à l’élection le regarde. Nous respectons les opinions de toute organisation et tout individu palestinien", a déclaré M. Abbas en réagissant à l’appel du Hamas. La Commission électorale doit annoncer lors d’une conférence de presse jeudi à Ramallah les noms des candidats retenus au scrutin. A ce jour, trois mouvements politiques, notamment le Fatah, ont désigné des candidats alors que cinq Palestiniens ont annoncé qu’ils se présentaient en tant qu’indépendants.
Agence France-Presse Ramallah - 01 - 12 - 2004 |