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Les résultats officiels des élections sont tombés : un taux de participation de plus de 92%, un président réélu pour la quatrième fois à près de 95% des voix, le RCD a remporté la totalité des sièges en compétition, les sièges maintenus hors compétition et réservés à l’opposition ont été répartis selon le classement traditionnel. Cela appelle les commentaires suivants : - Ces résultats étaient prévisibles car tout a été mis sur pied pour que le même système monolithique avec un pluralisme de façade se reproduise à l’occasion de ces élections : une loi électorale obsolète, une administration inféodée, des médias monopolisés, une constitution amendée et taillée sur mesure, un filtrage des candidatures pour priver les tunisiens de vivre l’alternance et de choisir entre de véritables hommes et femmes politiques porteurs de programmes alternatifs. - La campagne électorale a été entachée de violations graves : saisie de manifestes électoraux, rejet de listes de candidats par l’administration et validation de ces décisions par le Conseil Constitutionnel pour des motifs insoutenables, censure des prestations de candidats à la radio et à la télévision, pressions sur les chaînes arabes par satellite pour annuler des émissions auxquelles étaient conviés des représentants de l’opposition démocratique. - Le taux de participation clamé par le pouvoir ne trompe personne et est contredit par les observateurs impartiaux. Ces chiffres attestent de l’entêtement du pouvoir à maintenir bloqué le processus politique et encouragent par là même la désaffection générale à l’égard du processus électoral. - Les élections de 2004, et les amendements constitutionnels qui les ont préparées ont plongé la Tunisie dans une crise de légitimité constitutionnelle. La politique de la main de fer et du fait accompli ne peuvent se substituer aux sources de la légitimité, elles attestent au contraire de l’incapacité du régime en place de s’ouvrir aux forces sociales et politiques du pays et de répondre aux attentes des tunisiens. - Le PDP estime que le retour à la légitimité passe par la convocation sans délai d’une Conférence Nationale, à laquelle doivent prendre part l’ensemble des forces sociales et politiques pour décider des réformes garantissant l’exercice effectif des libertés, la séparation des pouvoirs, la neutralité de l’administration, l’élargissement des prisonniers et le retour des exilés, la libération de la presse et des médias. Ces réformes urgentes doivent préluder à toute consultation libre et équitable du peuple tunisien et constituent la garantie même de la stabilité et du progrès dans notre pays. Le pouvoir a prouvé au cours de ces élections qu’il ne possède aucune volonté d’ouverture et de réforme, il revient aux forces de l’opposition de l’y obliger par la mobilisation de l’opinion publique. Le PDP s’engage pour sa part à faire de la Réforme sa tâche centrale de son action et de la mener en étroite coordination avec les forces de l’opposition tunisienne.
Parti Démocratique Progressiste Tunis le 25 octobre 2004 |