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Le comité international de la Croix-Rouge a annoncé mardi avoir remis à l’administration Bush un rapport confidentiel critiquant le traitement des prisonniers détenus dans la prison de Guantanamo, à Cuba. Mais la confidentialité de ce document, a souligné le CICR, est la contrepartie de l’accès aux prisonniers dont bénéficie la Croix-Rouge. Le CICR a ainsi refusé de confirmer ou de démentir des informations du "New York Times" selon lesquelles le CICR dénonce dans son rapport le recours à des mesures de coercition psychologique et physique "équivalentes à la torture". Scott Horton, président de l’Association du barreau de New York, a déclaré que le rapport du CICR parvenait effectivement à ces conclusions et montrait que des médecins militaires ont enfreint la déontologie en communiquant aux enquêteurs de la base navale des informations relatives aux points faibles des détenus. Scott Horton a travaillé en étroite collaboration avec des avocats du ministère de la Défense qui ont eu accès au rapport. D’après le "New York Times", les délégués du CICR ont constaté lors d’une visite en juin que les autorités américaines ont mis en place une série de pratiques destinées à briser la volonté des prisonniers, à travers des actes humiliants, l’isolement, des températures extrêmes et l’usage de positions forcées. Le porte-parole présidentiel Scott McClellan a démenti ces informations, déclarant que les détenus de Guantanamo étaient "traités humainement". Antonella Notari, principale porte-parole du CICR, a déclaré que la confidentialité du rapport remis à l’administration Bush constituait le meilleur moyen d’améliorer les conditions de détention des prisonniers. Mme Notari, interrogée par l’Associated Press, a toutefois reconnu l’existence de "problèmes importants concernant les conditions de détention et le traitement des détenus à Guantanamo" problèmes auxquels "les autorités américaines n’ont toujours pas donné réponse".
The Associated Press Genève - 30 - 11 - 2004 |