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Yasser Arafat décédé, les élections visant à lui trouver un successeur à la présidence de l’Autorité palestinienne auront lieu le 9 janvier 2005, ont annoncé dimanche les dirigeants palestiniens. Le scrutin, dont la date a été annoncée par l’actuel président intérimaire de l’Autorité palestinienne, Raouhi Fattouh, est un test clé pour les Palestiniens, qui souhaitent une transition dans le calme et espèrent que le processus de paix va pouvoir reprendre. Décédé jeudi en France à l’âge de 75 ans, Yasser Arafat a défendu la cause palestinienne pendant quatre décennies et a refusé de désigner un successeur. Les candidats à la présidentielle pourront s’inscrire à compter du 20 novembre, et disposeront de 12 jours pour le faire. La campagne électorale proprement dite se déroulera du 27 décembre au 8 janvier, a précisé Raouhi Fattouh. La loi fondamentale palestinienne prévoit en effet que des élections soient organisées dans les 60 jours suivant la mort d’Arafat. Saeb Erekat, ministre chargé des négociations, a dit espérer que la communauté internationale ferait pression sur Israël pour garantir un vote libre et dans la sécurité. "Nous appelons la communauté internationale à nous aider pour faire partir les chars et soldats israéliens hors de nos zones peuplées, afin que la situation revienne à ce qu’elle état" avant septembre 2000 et le début de l’actuelle Intifada, a-t-il déclaré. Une question épineuse s’est aussitôt posée concernant la possibilité offerte aux Arabes vivant à Jérusalem-Est de prendre part au scrutin. Certains Israéliens craignent que la participation des 228.000 habitants arabes de Jérusalem-Est ne renforce les revendications des Palestiniens sur la ville. Le Premier ministre israélien Ariel Sharon a déclaré dimanche aux membres de son cabinet qu’il n’excluerait pas la possibilité d’autoriser les Palestiniens de Jérusalem-Est de prendre part aux élections, ont précisé des participants à la réunion. Il a notamment observé que les Arabes vivant à Jérusalem-Est avaient pris part aux élections palestiniennes de 1996, selon des représentants gouvernementaux qui ont requis l’anonymat. D’autres hauts responsables, dont le chef de la diplomatie Silvan Shalom et le ministre de l’Education Limor Livnat, se sont déclarés hostiles à une telle participation. Le cabinet israélien n’a pas pris de décision et des responsables ont précisé que la question ferait l’objet de discussions. Pour le Premier ministre palestinien Ahmed Qoreï, les Arabes de Jérusalem-Est doivent pouvoir voter au même titre que les autres Palestiniens. "Jérusalem fait partie de la Palestine occupée et ils font partie du peuple palestinien", a-t-il dit. Mahmoud Abbas, successeur désigné de Yasser Arafat à la tête de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), devrait présenter sa candidature à la présidentielle. Et selon un proche de Marouane Barghouti, l’ancien responsable du Fatah en Cisjordanie et chef de sa milice emprisonné à vie en Israël, envisage également de se porter candidat à la succession du "Vieux". Barghouti est très populaire auprès des Palestiniens, y compris dans les rangs du parti de feu Arafat. Il fut aussi, avant de prôner le recours à la force contre l’occupation lors de la deuxième Intifada, proche des pacifistes israéliens.
The Associated Press Ramallah - 14 - 11 - 2004
Le successeur d’Arafat sera élu le 9 janvier
L’élection présidentielle dans les territoires palestiniens, destinée à désigner un successeur à Yasser Arafat, se tiendra le 9 janvier, a annoncé dimanche le président par intérim de l’Autorité autonome, Raouhi Fattouh, conformément à la loi fondamentale qui prévoit l’organisation d’un tel scrutin dans les 60 jours. L’enregistrement des candidatures débutera le 20 novembre et s’achèvera douze jours plus tard, a-t-il précisé, tandis que d’autres responsables palestiniens insistaient sur le nécessaire retrait des forces israéliennes pour la réussite du scrutin. Arafat, décédé jeudi dans un hôpital militaire près de Paris, n’a pas pris le soin de préparer sa succession et ses pouvoirs ont échu aux principales figures de la cause palestinienne. Aucune ne semble toutefois en mesure de se prévaloir d’une popularité suffisante pour revendiquer le rôle de favori. En dépit de l’incertitude, la transition à la tête de l’Autorité palestinienne, concomitante de la réélection de George Bush à la Maison blanche, a suscité l’espoir d’une relance des négociations de paix, alors que les autorités israéliennes entament le processus de retrait unilatéral de la bande de Gaza. Au cours de son premier mandat, le président des Etats-Unis s’est efforcé de marginaliser le défunt président de l’Autorité palestinienne, présenté comme un obstacle à la paix. Il s’est en outre attiré les critiques d’une bonne part de la communauté internationale qui l’accuse d’avoir négligé le conflit israélo-palestinien. Samedi, au cours d’une conférence conjointe avec le Premier ministre britannique Tony Blair, George Bush s’est dit prêt à jouer dorénavant un rôle plus marqué en faveur de la création d’un Etat palestinien démocratique, indépendant et viable, sans toutefois s’engager explicitement à ce qu’il voit le jour avant la fin de son second mandat. Le même jour, Silvan Shalom, chef de la diplomatie israélienne, prenait la direction de Washington pour évoquer la "nouvelle situation dans la région" avec son homologue américain Colin Powell. Ce dernier a, pour sa part, souhaité rencontrer les dirigeants palestiniens "dans un très proche avenir", confirmant le retour de Washington sur la scène proche-orientale.
"Beaucoup dépendra de l’action du président Bush"
Cette rencontre avec le Premier ministre Ahmed Koreï et le chef de l’OLP Mahmoud Abbas, tous deux membres du courant modéré, pourrait avoir lieu à l’occasion de la conférence internationale sur l’Irak qui se déroulera au Caire les 22 et 23 novembre, à moins que le secrétaire d’Etat ne décide de se rendre dans les territoires palestiniens, a précisé un membre de ses services. Powell a en outre souhaité samedi que les autorités israéliennes autorisent les Palestiniens à se déplacer librement dans les territoires autonomes pour permettre le bon déroulement de l’élection présidentielle. "Si les Israéliens continuent à faire obstacle au scrutin à Jérusalem Est et s’ils maintiennent leurs forces dans nos territoires, je ne pense pas que nous puissions organiser des élections", a souligné dimanche le négociateur palestinien Saëb Erekat. "Beaucoup dépendra de l’action du président Bush pour amener Israël à créer les conditions nécessaires au scrutin", a-t-il insisté. De source proche du Premier ministre israélien, on laisse toutefois entendre qu’Ariel Sharon ne pliera pas facilement aux invites de Washington en ce qui concerne les préparatifs électoraux dans la partie orientale de la ville sainte, où le dernier scrutin remonte à 1996. Outre ce processus électoral incertain, on doute, côté palestinien, de la capacité des prétendants à réunir une majorité incontestable. Mahmoud Abbas, chef de file de l’OLP et du courant modéré, semble le plus à même de jouer les premiers rôles. Au sein même du Fatah, principale composante de l’OLP, se profile toutefois un concurrent de taille en la personne du charismatique Marouane Bargouti. Reste que ce dernier, considéré comme l’un des principaux instigateurs de la seconde intifada, purge une peine de prison à vie en Israël. Son avocat a fait savoir qu’il pourrait néanmoins concourir depuis sa cellule pour l’investiture du mouvement. Ariel Sharon a quant à lui exclu toute idée de grâce pour lui permettre d’entrer en lice. "Contrairement à ce que j’entends dans les médias, nous ne libérons jamais de terroristes qui ont commis des meurtres en Israël", a-t-il tranché lors du conseil des ministres hebdomadaire.
Cynthia Johnson Reuters - Ramallah 14 - 11 - 20004 |