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Les dirigeants palestiniens ont déclaré avoir demandé aux autorités françaises un rapport complet sur le décès de Yasser Arafat dans un hôpital militaire de la banlieue parisienne jeudi dernier. Certains activistes palestiniens accusent Israël d’avoir empoisonné le raïs, accusation démentie par les autorités israéliennes et françaises mais qui menace d’alimenter le mécontentement dans les territoires palestiniens et de compliquer le processus de succession. "Nous ne voulons pas tirer de conclusions hâtives. Nous voulons seulement disposer du dossier médical, même si nous faisons confiance aux médecins français et au gouvernement français", a dit à Reuters Yasser Abed Rabbo, haute personnalité de l’OLP, après l’envoi par l’Autorité palestinienne d’une requête en ce sens aux autorités françaises. "Ce dossier nous donnera un aperçu clair sur la cause du décès", a-t-il ajouté. Les médecins français sont liés par le secret médical invoqué par la veuve d’Arafat, Souha, ce qui les empêche de divulguer des détails.
Reuters - Ramallah 15 - 11 - 2004
Washington s’efforce d’aider les Palestiniens pour les élections
L’administration Bush s’efforce avec ses alliés européens d’aider l’Autorité palestinienne à organiser des élections en janvier, et à renforcer ses forces de sécurité pour mieux lutter contre le terrorisme, ont déclaré dimanche des responsables et des diplomates américains. Selon eux, la priorité est, pour l’heure, de fournir aux Palestiniens des fonds, des observateurs et une assistance technique en vue des élections prévues le 9 janvier pour désigner un successeur à Yasser Arafat à la tête de l’Autorité palestinienne. Arafat est décédé jeudi. Le président américain George Bush envisage de rediriger des millions de dollars de financement américain vers des organisations non-gouvernementales qui pourraient, notamment, contribuer à la préparation des élections. Environ 75 millions de dollars sont en cours de déblocage pour financer des projets palestiniens, et une partie de cette somme pourrait être affectée à la préparation du scrutin, ont fait savoir des sources proches du Congrès. Bush pourrait en outre lever des restrictions imposées dans ce domaine par le Congrès et fournir ainsi directement une aide américaine aux Palestiniens. Les Etats-Unis font en outre pression sur Israël pour qu’il prenne des mesures qui faciliteraient la tenue des élections, telles que le retrait de ses forces de sécurité de certains foyers de population palestiniens, ont fait savoir des responsables. "Il faut que (Bush) obtienne d’Israël qu’il retire son armée et qu’il envoie des observateurs civils sur place pour garantir que des élections équitable aient lieu", a déclaré sur CNN le ministre palestinien Saëb Erekat.
Accepter le plan de Sharon pour relancer la feuille de route
Il a exhorté les Etats-Unis et les Européens à déployer "immédiatement" en Cisjordanie et dans la bande de Gaza des ONG et des équipes d’observateurs. La présence de forces israéliennes dans des secteurs palestiniens, ainsi que la possibilité pour les Palestiniens d’aller voter à Jérusalem-Est, pourraient être au coeur lundi de la rencontre prévue à Washington entre le ministre israélien des Affaires étrangères, Silvan Shalom, et le secrétaire d’Etat Colin Powell. En plus des préparatifs du scrutin, les projets en cours d’élaboration par l’administration Bush et par ses alliés européens devraient inclure une réévaluation de l’aide qu’il faut accorder à la reconstruction et au développement des territoires palestiniens. L’Autorité palestinienne, financièrement exsangue, pourrait recevoir des fonds de la Banque mondiale, voire directement de certains pays, en échange de la mise en oeuvre de certaines réformes, selon des responsables et des documents officiels. D’après ces responsables, cette assistance pourrait être supervisée par le quartet de médiateurs composé par les Etats-Unis, l’Union européenne, les Nations unies et la Russie. Le groupe, qui a accouché d’une "feuille de route" prometteuse mais aujourd’hui remisée, pourrait se réunir dès les 22-23 novembre, ont indiqué des responsables. Washington et ses partenaires dans les efforts de paix au Proche-Orient envisagent de demander au Conseil de sécurité de l’Onu de soutenir le plan de retrait de la bande de Gaza et d’une partie de la Cisjordanie présenté par le Premier ministre israélien Ariel Sharon. Bush et le Premier ministre britannique, Tony Blair, ont déclaré la semaine dernière que ce plan permettrait de relancer les négociations sur la "feuille de route", détaillant les mesures de mise en confiance réciproque qu’Israéliens et Palestiniens doivent prendre pour aboutir, à l’horizon 2005, à l’établissement d’un Etat palestinien. Blair a estimé dimanche qu’il serait "prématuré, à ce stade" pour Bush de nommer un émissaire spécial au Proche-Orient, même s’il espère pouvoir réunir une conférence internationale sur la question. Le dirigeant britannique a également souligné sur NBC qu’une aide internationale destinée à renforcer l’appareil de sécurité des Palestiniens était essentielle. "Sans des infrastructures de sécurité solides, on ne peut pas progresser", a-t-il déclaré.
Adam Entous Reuters - Washington 15 - 11 - 2004 |