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Leïla Chahid, la déléguée générale de Palestine en France, a déclaré dimanche sur la radio privée Europe 1 qu’il est "tout à fait possible" que le président palestinien Yasser Arafat, décédé le 11 novembre, ait été empoisonné. A propos des élections annoncées samedi par le Premier ministre palestinien Ahmad Qoreï pour désigner le successeur d’Arafat, Leïla Chahid a affirmé qu’elles "ne peuvent pas avoir lieu sous occupation militaire". S’exprimant pour la première fois depuis le décès de Yasser Arafat, la déléguée palestinienne a déclaré : "C’est tout à fait possible qu’ils l’aient empoisonné puisqu’ils en ont empoisonné d’autres. Je ne peux pas vous dire que, médicalement, nous en ayons les preuves", a ajouté la déléguée. "Les médecins n’ont pas démenti. Il n’y a pas de preuves de toxines particulières mais il y a des toxines qu’on ne retrouve pas dans les corps des malades, a déclaré Leïla Chahid. Ca restera quelque chose qui accompagnera la légende du président Arafat." La déléguée a souligné que pour les Palestiniens la thèse de l’empoisonnement "n’est pas seulement une rumeur. C’est une conviction profonde, très logique. Les Israéliens ont essayé de se débarasser de Yasser Arafat depuis l’arrivée de Sharon au pouvoir", a-t-elle rappelé. Aujourd’hui encore, a-t-elle dit, "il n’y a toujours pas de diagnostic". "Les médecins n’ont confirmé que ce qu’on voyait, les symptômes. Les examens médicaux ne peuvent pas tout révéler". Elle a déclaré qu’il n’était "absolument pas question" de demander un nouveau communiqué médical. "Le dossier a été remis à sa famille et nous respectons la loi française", a-t-elle dit. "Je ne vous dirai pas ce que nous demanderons à son épouse", a-t-elle ajouté de façon sibylline. A propos des élections qui devraient se tenir avant le 9 janvier, Leïla Chahid a souligné qu’"aujourd’hui tous les territoires palestiniens sont occupés par l’armée israélienne. Il faudra, avant, que l’armée se retire pour qu’il y ait des élections, y compris à Jérusalem-est qui est un territoire palestinien", a ajouté la déléguée. Nous demandons à l’Union européenne et aux Américains une surveillance internationale pour que soient assurées des élections démocratiques et transparentes. Sinon, il n’y aura pas d’élections", a poursuivi Leïla Chahid. Elle a par ailleurs déclaré que Marwan Barghouthi, un responsable palestinien condamné par Israël à la prison à vie, "a bien sûr tous les droits" de se présenter comme candidat, ajoutant qu’il est "d’ailleurs bien placé".
Agence France-Presse 14 - 11 - 2004 |