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Les symboles de l’Etat sont attaqués
eMarrakech - A un mois et demi du 57e anniversaire de la création de l’Etat d’Israël et alors que le Monde arabe connaît de profonds changements qui vont dans le sens d’une démocratisation, d’étranges incidents ont lieu en Israël. Incidents qui laissent présager que l’Etat hébreu se dirige vers une véritable crise sociale voire une guerre civile.
Etranges incidents
Le vendredi 1er avril, 12 tombes du cimetière militaire du Mont Herzl à Jérusalem ont été profanées par des inconnus. Les mots « Hitler le cerveau » ont été retrouvés sur les tombes de soldats israéliens par un père endeuillé. Et mercredi 30 mars, le mot Hitler avait été découvert sur la tombe du père fondateur du sionisme, Théodore Herzl, à Jérusalem et sur celle de l’ancien Premier ministre David Ben Gourion à Sdé Boker, dans le Néguev.
Pire : des inconnus ont profané dans la nuit de samedi à dimanche (2-3 avril) la tombe de l’héros de la paix des braves, le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin, assassiné en novembre 1995 par un extrémiste juif opposé aux accords israélo-palestiniens d’Oslo, a-t-on annoncé dimanche de sources policières. « Chien d’assassin », ont écrit les profanateurs à la peinture noire sur la tombe située dans le carré des « Grands de la nation », au cimetière du mont Herzl, à Jérusalem. La tombe de Léa Rabin, l’épouse du dirigeant assassiné, qui se trouve juste à côté de celle de son mari, a également été barbouillée d’un slogan similaire. Le mot « Hitler » a par ailleurs été écrit à la peinture noire sur les tombes de Théodore Herzl, le fondateur du sionisme politique, ainsi que sur celle de David Ben Gourion, le fondateur d’Israël en 1948. Enfin, l’inscription « Hitler, le cerveau » a été retrouvée sur une douzaine de tombes de soldats israéliens enterrés dans ce cimetière. Il existe en Israël un courant religieux juif antisioniste ultra minoritaire (comptant quelques milliers de personnes) contestant la création d’Israël, qui, pour eux, ne saurait être créé qu’après la venue du Messie. Selon la seconde chaîne de la télévision israélienne, trois caméras qui fonctionnent 24 heures sur 24 ont filmé les vandales pendant qu’ils profanaient les tombes de Yitzhak et Léa Rabin, et la police s’évertue à les identifier. Le chef de la police du district de Jérusalem, Ilan Franco, a indiqué à la presse que la surveillance du Mont Herzl n’était pas de son ressort et relevait du ministère de la Défense. » Un Etat qui n’a pas su assurer la sécurité de ses dirigeants, ne réussit pas non plus à préserver leurs tombes », a estimé le mouvement anti-colonisation La Paix maintenant (Gush Emonim) à la suite de cette profanation. L’affaire a ému en Israël où l’on redoute un nouvel assassinat politique dans le contexte du retrait israélien de la bande de Gaza prévu pour cet été. Des extrémistes ultra-nationalistes et religieux se sont jurés de faire échec à cette opération qui prévoit l’évacuation de quelque 8.000 colons.
A.C./JP/AFP
04/04/2005 |