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Un avocat et quatre anciens prisonniers politiques ont lancé jeudi à Damas un appel aux autorités syriennes pour la libération de tous les prisonniers politiques et de conscience dont certains sont incarcérés depuis plus de vingt ans. "Nous appelons toutes les organisations arabes et internationales de défense des droits de l’homme à participer à la campagne que nous lançons aujourd’hui pour la libération immédiate de tous les prisonniers politiques et de conscience en Syrie", a déclaré Kamal Labouani, ancien prisonnier politique, en donnant lecture d’un communiqué lors d’une conférence de presse, la première du genre en Syrie. "Nous exprimons notre solidarité avec les prisonniers politiques. Certains d’entre eux sont incarcérés depuis plus de deux décennies, d’autres sont toujours en détention bien qu’ils aient purgé leurs peines ou bénéficié d’une amnistie", a ajouté M. Labouani. Des messages seront adressés notamment au président Bachar al-Assad et des sit-in seront organisés dans le cadre de cette "campagne de solidarité avec les prisonniers politiques dans les prisons et centres de détention syriens", a indiqué M. Labouani libéré en septembre, après avoir purgé une peine de trois ans de prison. Le communiqué rappelle l’incarcération en septembre 2001 d’un groupe de dix opposants qui s’était distingué par des appels à une ouverture démocratique au cours de la période connue sous le nom de "Printemps de Damas", et note que "six membres de ce groupe sont toujours sous les barreaux". M. Labouani, qui faisait partie de ce groupe des dix a donné les noms de ses six compagnons encore sous les verrous : l’économiste de renom Aref Dalila, deux députés Riad Seif et Maamoun al-Homsi, l’avocat Habib Issa, Fawaz Tallo et Walid Bounni. Outre M. Labouani, trois anciens détenus politiques (Yassine Haj Saleh, Imad Chiha et Hassiba Abdel-Rahmane) ainsi que l’avocat et militant des droits de l’Homme Anouar Bounni sont à l’origine de cette campagne qui prendra fin le 10 décembre, date de la Journée mondiale des droits de l’Homme, organisée chaque année le jour anniversaire de l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’Homme par l’Onu en 1948. Le communiqué appelle en outre à la libération d’"innocents" jetés en prison lors des affrontements qui ont opposé en mars des Kurdes aux forces de l’ordre ou à des tribus arabes dans des régions du nord de la Syrie. Ces heurts avaient fait 40 morts, selon des sources kurdes, 25 morts selon les autorités syriennes. Période de liberté d’expression et de floraison de salons de discussion politico-culturels, le "Printemps de Damas" avait suivi l’arrivée au pouvoir du président Bachar al-Assad en juillet 2000, après le décès de son père, Hafez al-Assad. Il avait pris fin avec la fermeture de ces salons et l’arrestation du groupe des dix. Selon Me Bounni, il y a aujourd’hui 600 prisonniers politiques en Syrie, dont 200 Kurdes arrêtés lors des affrontements de mars dans le nord de la Syrie.
Agence France-Presse 18 - 11 - 2004 |