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Les négociations se sont poursuivies jeudi sur le sort des trois employés des Nations unies enlevés depuis deux semaines en Afghanistan, tandis que l’Onu a appelé à leur libération avant la fête de l’Aïd, marquant la fin du mois de jeûne de ramadan. L’Irlando-Britannique Annetta Flanigan, Shqipe Hebibi, originaire de la province serbe du Kosovo, et Angelito Nayan, des Philippines, seraient détenus non loin de Kaboul par un groupe de type mafieux que les autorités auraient identifié, selon des sources proches de l’enquête. Parallèlement, le Jaish-e-Muslamin (Armée des musulmans), lié à ce premier groupe et ayant revendiqué l’enlèvement, assurerait en quelque sorte la "communication" des deux groupes. Selon une source proche de l’enquête, des négociations directes en vue de la libération des trois employés électoraux se sont poursuivies jeudi. La veille au soir, un homme parlant au nom du Jaish-e-Muslamin avait indiqué à l’AFP qu’une nouvelle réunion s’était tenue mercredi entre des délégués du gouvernement et des représentants des ravisseurs. "Nous avons rencontré des représentants du gouvernement juste avant iftar (le repas marquant la rupture quotidienne du jeûne de ramadan), ils ont dit qu’ils parleraient à leur hiérarchie et qu’ils nous contacteraient", a déclaré cet interlocuteur s’identifiant comme Habib Noorzad. Cette réunion a été confirmée jeudi par une source proche de l’enquête. Dans la matinée, l’ONU a appelé pour la quatrième fois à la libération de ses trois employés, alors que l’enlèvement pèse sur le moral de l’ensemble du personnel, certains évoquant même la possibilité de ne pas renouveler leurs contrats en Afghanistan. Rappelant que l’on se rapprochait de l’Aïd el-Fitr, la fête qui marque la fin du mois de ramadan, le porte-parole de l’Onu Manoel de Almeida e Silva a demandé aux ravisseurs de profiter de cette occasion pour libérer ses trois collègues. "Nous espérons que l’esprit de paix et de compréhension démontré par tous pendant l’Aïd sera étendu à Annetta, Lito et Shqipe", a-t-il déclaré : "Nous redemandons à ceux qui les détiennent de les libérer". L’Aïd el-Fitr tombe cette année le 14 ou le 15 novembre, en fonction de l’apparition de la nouvelle lune et, dans de nombreux pays musulmans, la coutume veut que l’on libère des prisonniers avant cette date. L’Onu à Kaboul a également distribué le texte de l’intervention, deux jours plus tôt de son secrétaire général adjoint Jean-Marie Guéhenno devant le conseil de sécurité. "Un certain nombre de mesures spéciales ont été prises pour améliorer la sécurité du personnel en cette période de possible augmentation de l’exposition au risque", a-t-il indiqué : "Il s’agit des mesures de sécurité pour le personnel les plus rigoureuses mises en place à Kaboul depuis 2001". Ces mesures incluent un couvre-feu ou encore des escortes pour le personnel de l’Onu. Et, pendant que la communauté internationale à Kaboul se faisait de plus en plus discrète, évitant restaurants et déplacements, la vague de solidarité afghane avec les trois otages s’est poursuivie jeudi : un groupe de vingt femmes a proposé aux ravisseurs de se substituer aux otages, portant à une trentaine le nombre d’offres de ce type depuis lundi. "Nous, vingt femmes afghanes, sommes prêtes à échanger nos places avec les trois employés de l’Onu qui sont nos invités en Afghanistan", a affirmé à l’AFP Jamila Mujahid, journaliste et présentatrice de la télévision afghane.
Agence France-Presse Kaboul - 11 - 11 - 2004 |