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Min Ko Naing, dirigeant des manifestations étudiantes pour la démocratie de 1988 au Myanmar a pu sortir de prison dans le cadre d’une libération collective de détenus ordonnée par la junte au pouvoir, a déclaré dans la nuit de vendredi à samedi une source proche de sa famille. Min Ko Naing, qui était emprisonné depuis mars 1989, a été relâché à Sittwe, à 560 km à l’ouest de Yangon, et il a été transféré vendredi soir dans la capitale, a dit cette source sans autre précision. Aung San Suu Kyi, dirigeante du mouvement pour la démocratie et Prix Nobel de la Paix, reste assignée à résidence dans sa villa de Yangon. Mais la libération de Min Ko Naing, pseudonyme adopté par Ko Paw Oo Tun pendant les manifestations réprimées dans le sang par la junte, pourrait revêtir une importance considérable et dénoter un réel désir de réformes politiques, relèvent des spécialistes de l’ancienne Birmanie. Il figurait parmi les près de 4.000 personnes dont la junte a ordonné la libération après la purge qui a écarté le mois dernier le Premier ministre Khin Nyunt et les services de renseignements qu’il dirigeait. Les media officiels ont expliqué qu’étaient libérés des prisonniers détenus "de manière inappropriée" par les services de renseignements de Khin Nyunt, accusé d’avoir maintenu en détention des personnes ayant depuis longtemps fini de purger leur peine. Des responsables de la Ligue nationale pour la démocratie figurent parmi les personnes relâchées vendredi, mais l’identité des personnes libérées n’a pas été communiquée officiellement. La LND restait discrète sur ce point, afin peut-être d’éviter des manifestations de joie qui pourraient provoquer la colère de la junte qui dirige sous une forme ou une autre l’ancienne Birmanie depuis 1962. Mais des responsables de la LND ont indiqué que parmi les libérés figurait Win Tin, un collaborateur de Suu Kyi, emprisonné en 1989, année marquée par une écrasante victoire électorale de la LND, à laquelle les généraux ont refusé de céder le pouvoir. "Cela a été une bonne surprise pour nous tous", a confié Ohn Maung, 77 ans, un responsable de la LND figurant parmi les premiers libérés. "J’ai été emprisonné le 26 février 1998, et je suis rentré chez moi il y a une dizaine de minutes. Je n’ai eu à signer aucun engagement et je m’attends à ce que la plupart des membres de la LND soient aussi relâchés comme moi", a-t-il dit à Reuters.
Reuters - Yangon 19 - 11 - 2004 |