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Plusieurs centaines d’étudiants ont manifesté mardi dans deux villes polonaises en signe de soutien au chef de l’opposition ukrainienne Viktor Iouchtchenko, qui conteste la validité des résultats de l’élection présidentielle. Quelque 1.500 étudiants agitant des drapeaux et des rubans orange aux couleurs de la campagne de Iouchtchenko ont défilé dans la ville de Wroclaw (sud), entonnant les hymnes nationaux polonais et ukrainien. Et à Rzeszow (sud-est), quelque 300 étudiants se sont rassemblés devant le consulat de l’Ukraine pour soutenir le candidat pro-occidental de l’opposition ukrainienne, scandant les mots "L’Ukraine sans Poutine". Vendredi à Kiev, le président polonais Aleksander Kwasniewski avait pris part à des discussions et en début de semaine, Lech Walesa, fondateur du mouvement polonais Solidarité, s’est rendu en Ukraine pour exprimer son soutien à Iouchtchenko. Le leader de l’opposition conteste les résultats du second tour de la présidentielle du 21 novembre accordant la victoire au Premier ministre sortant Viktor Ianoukovitch soutenu par Moscou.
The Associated Press Varsovie - 30 - 11 - 2004
Ukraine : ambiance de victoire à Kiev malgré un échec ponctuel au Parlement
Une ambiance de victoire proche règne mardi dans les rangs des manifestants d’opposition dans les rues de Kiev, malgré le rejet par le Parlement ukrainien d’un premier texte sur une motion de défiance à l’égard du gouvernement du Premier ministre pro-russe Viktor Ianoukovitch. L’opposition a levé mardi le blocus des bâtiments du gouvernement alors que ses dizaines de milliers de partisans enthousiastes continuaient à parcourir les rues, assurant que le vent était en train de tourner en leur faveur. Pourtant, l’opposition venait de subir un échec au Parlement, qui, faute de soutien des communistes, a repoussé un premier texte sur une motion de défiance - non contraignante - contre M. Ianoukovitch, vainqueur contesté de la présidentielle du 21 novembre. Ce n’était encore que partie remise pour l’opposition, car le Parlement doit reprendre ses travaux mercredi pour examiner un "texte bien pesé et concerté", a annoncé à la presse son président Volodymyr Litvine. Il s’est adressé aussi à plusieurs centaines de manifestants qui venaient de franchir le cordon de sécurité mis en place par les forces de l’ordre devant le Parlement. "Le gouvernement dehors !", scandaient les manifestants en agitant des drapeaux orange, couleur de l’opposition. M. Litvine les a appelés à "ne pas prendre d’assaut" le bâtiment. Devant le siège du gouvernement, débloqué à la demande du leader de l’opposition Viktor Iouchtchenko, des centaines de manifestants continuaient de maintenir la pression en chantant "Iou-chtchen-ko" et en frappant sur des boîtes métalliques, mais ils laissent les fonctionnaires entrer dans le bâtiment. Sur le plan international, le représentant pour la politique étrangère de l’UE, Javier Solana, était attendu mardi à Kiev pour une nouvelle tentative de médiation, a annoncé le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Bernard Bot, en estimant "nécessaire" la tenue d’une nouvelle élection. Javier Solana se rend à Kiev, où il s’entretiendra avec "toutes les parties concernées", avant de gagner Moscou, a expliqué le ministre. L’idée d’une nouvelle élection - acceptée lundi par le président sortant ukrainien Léonid Koutchma - aurait été implicitement approuvée mardi par le président russe Vladimir Poutine et le chancelier allemand Gerhard Schroeder, tombés d’accord lors d’un entretien téléphonique, selon des sources allemandes, sur le fait que son résultat "devrait être strictement respecté". Cependant, on ignorait encore, en fin d’après-midi à Moscou, la version russe du contenu de cette conversation, alors qu’un proche de M. Poutine, le président de la Douma (chambre basse du Parlement russe) Boris Gryzlov, a estimé que l’Ukraine "se dirigeait vers la partition ou l’effusion de sang", prônant "une issue par la voie des négociations". Plus tôt dans la journée, Viktor Iouchtchenko avait rejeté, sans surprise, les propositions de sortie de crise de Viktor Ianoukovitch, dont il a de nouveau réclamé la démission devant le Parlement. "Le gouvernement doit donner sa démission pour les idées (d’autonomie) répandues dans l’est du pays, pour sa mauvaise gestion du budget, pour les fraudes" lors de la présidentielle, a déclaré à la tribune M. Iouchtchenko. Confronté à des pressions croissantes et à la perte de plusieurs soutiens, Viktor Ianoukovitch avait tenté de reprendre l’initiative mardi matin en se disant prêt à nommer son rival à la tête du gouvernement. En cas d’annulation du scrutin par la Cour suprême, il avait estimé qu’une nouvelle élection devrait avoir lieu sans lui ni M. Iouchtchenko. Saisie par l’opposition, la Cour suprême a repris ses audiences mardi. L’opposition, qui a modifié sa plainte, demande désormais que le second tour de scrutin soit annulé sur tout le territoire ukrainien, et non plus seulement dans les régions russophones de Donetsk et Louhansk (est), et que le vainqueur du premier tour le 31 octobre, Viktor Iouchtchenko, soit déclaré président. Les audiences, qui ont commencé lundi, pourraient durer plusieurs jours, selon une porte-parole de la Cour, Liana Chapochnikova. Parallèlement, le procureur général ukrainien Hennadi Vassiliev a ouvert des enquêtes contre des actions visant "à modifier par la force le régime constitutionnel" en Ukraine et portant "atteinte à l’intégrité territoriale du pays". "Après l’élection présidentielle (...), nous assistons à des actions visant à modifier par la force le régime constitutionnel du pays, à une prise du pouvoir d’Etat, à des atteintes à l’intégrité territoriale et à la souveraineté de l’Ukraine", a déclaré le Parquet dans un communiqué. Ce document ne précise pas quelles sont les actions visées, mais les services spéciaux SBOu (ex-KGB), à qui le Parquet a confié cette enquête, ont précisé qu’il s’agissait des velléités autonomistes, voire séparatistes, qui se sont manifestées ces derniers jours dans l’est et le sud du pays, régions favorables à M. Ianoukovitch.
Agence Fance-Presse Kiev - 30 - 11 - 2004
Ukraine : l’opposition rejette l’alternative proposée par Ianoukovitch
L’opposant ukrainien Viktor Iouchtchenko a rejeté, sans surprise, mardi les propositions de sortie de crise de Viktor Ianoukovitch, vainqueur contesté de la présidentielle dont il a de nouveau réclamé la démission devant le Parlement. "Le gouvernement doit donner sa démission pour les idées (d’autonomie) répandues dans l’est du pays, pour sa mauvaise gestion du budget, pour les fraudes" lors de la présidentielle, a déclaré à la tribune M. Iouchtchenko. En milieu de journée, le Parlement a rejeté un premier texte sur une motion de défiance contre le Premier ministre, mais pourrait examiner un second texte sur le sujet dans l’après-midi. Si elle est votée, la motion ne serait contraignante que si les députés annulaient l’adoption d’un programme gouvernemental voté en mars dernier empêchant toute motion de censure contre lui. Confronté à des pressions croissantes et à la perte de plusieurs soutiens, Viktor Ianoukovitch avait tenté de reprendre l’initiative mardi matin en se disant prêt à nommer son rival à la tête du gouvernement. En cas d’annulation du scrutin par la Cour suprême, il avait estimé qu’une nouvelle élection devrait avoir lieu sans lui ni M. Iouchtchenko. Saisie par l’opposition, la Cour suprême a repris ses audiences mardi. L’opposition, qui a modifié sa plainte, demande désormais que le second tour de scrutin soit annulé sur tout le territoire ukrainien, et non plus seulement dans les régions russophones de Donetsk et Louhansk (est), et que le vainqueur du premier tour le 31 octobre, Viktor Iouchtchenko, soit déclaré président. Les audiences, qui ont commencé lundi, pourraient durer plusieurs jours, selon une porte-parole de la Cour, Liana Chapochnikova. Dans les rues de Kiev, les manifestants de l’opposition ont levé mardi le blocus qu’ils imposaient au siège du gouvernement depuis la semaine dernière, a constaté l’AFP. "Viktor Iouchtchenko a donné l’ordre de laisser entrer les employés du gouvernement dans le bâtiment. Les salaires et les retraites doivent être payés", a expliqué Olexandre, un manifestant. Parallèlement, le procureur général ukrainien Hennadi Vassiliev a ouvert des enquêtes contre des actions visant "à modifier par la force le régime constitutionnel" en Ukraine et portant "atteinte à l’intégrité territoriale du pays". "Après l’élection présidentielle (...), nous assistons à des actions visant à modifier par la force le régime constitutionnel du pays, à une prise du pouvoir d’Etat, à des atteintes à l’intégrité territoriale et à la souveraineté de l’Ukraine", a déclaré le Parquet dans un communiqué. Ce document ne précise pas quelles sont les actions visées, mais les services spéciaux SBOu (ex-KGB), à qui le parquet a confié cette enquête, ont précisé qu’il s’agissait des velléités autonomistes, voire séparatistes, qui se sont manifestées ces derniers jours dans l’est et le sud du pays, régions favorables à M. Ianoukovitch.. A Donetsk, place forte de M. Ianoukovitch dans l’est, l’assemblée régionale a reporté la séance extraordinaire qu’elle devait tenir mardi pour discuter de l’organisation d’un référendum sur l’autonomie prévu pour dimanche. "La question (du referendum) est en suspens", a déclaré à l’AFP la porte-parole de l’administration régionale Olena Bondarenko. Les autorités régionales de Donetsk, dans l’est de l’Ukraine, avaient annoncé lundi qu’elles organiseraient un référendum pour obtenir l’autonomie, dimanche prochain, le 5 décembre, suscitant de vives craintes de voir le pays éclater en deux, entre l’est pro-russe et l’ouest pro-occidental. L’Ukraine "se dirige vers la partition ou l’effusion de sang", a mis en garde mardi le président de la Douma (chambre basse du Parlement russe) Boris Gryzlov devant les journalistes, prônant "une issue par la voie des négociations". Mais le président Vladimir Poutine - et le chancelier allemand Gerhard Schroeder - se sont prononcés indirectement pour un nouveau scrutin en Ukraine, en estimant, lors d’un entretien téléphonique que son résultat "devrait être strictement respecté". Le chancelier et le président se sont mis "d’accord pour dire que le résultat de nouvelles élections, qui se dérouleraient sur la base de la constitution ukrainienne et qui reflèteraient la volonté politique du peuple ukrainien, devrait être strictement respecté", a annoncé le porte-parole du gouvernement allemand Bela Anda. Lundi, le président ukrainien sortant Léonid Koutchma s’était lui aussi déclaré en faveur d’une nouvelle élection pour sortir de la crise.
Agence Fance-Presse Kiev - 30 - 11 - 2004
Viktor Ianoukovitch propose le poste de Premier ministre à Viktor Iouchtchenko
Alors que la Cour suprême d’Ukraine a repris ses auditions sur la validité de l’élection présidentielle contestée par l’opposition, le Premier ministre sortant Viktor Ianoukovitch, proclamé vainqueur du scrutin, a déclaré mardi que s’il était nommé président, il proposerait le poste de chef de gouvernement à son adversaire Viktor Iouchtchenko. Des collaborateurs du chef de l’opposition ont déclaré que ce dernier rejetterait une telle offre. "Après mise en place d’une réforme politique, le poste de Premier ministre devrait devenir le poste principal du pouvoir", a dit M. Ianoukovitch cité par l’agence ITAR-Tass. Il faisait ainsi allusion aux réformes prévues tendant à renforcer les pouvoirs du Parlement ukrainien, et à réduire les prérogatives présidentielles. Le Premier ministre a même laissé entendre qu’il pourrait se retirer de la course, si son adversaire faisait même. "Nous devons surmonter la crise et pour cela, je propose que ni Viktor (...) Iouchtchenko ni moi-même participions à la (nouvelle) élection" s’il est déclaré que les résultats du scrutin ont été "falsifiés", a déclaré M. Ianoukovitch, cité par l’agence Interfax. Par ailleurs, une motion de défiance contre le gouvernement consécutive aux menaces séparatistes dans le pays n’a obtenu mardi que 196 voix sur les 410 membres du Parlement, alors que 226 voix étaient nécessaires pour qu’elle soit adoptée. Le Conseil de sécurité ukrainien a de son côté annoncé qu’il avait ouvert une enquête sur des menaces à l’intégrité terroritoriale émanant de "représentants des autorités et d’autres personnes (qui) soulignent publiquement la nécessité d’une sécession des régions du sud-est de l’Ukraine", a rapporté l’agence Interfax, en citant la porte-parole Marina Ostapenko. Le bureau du procureur général a également lancé des investigations.
The Associated Press Kiev - 30 - 11 - 2004
Vladimir Poutine : la crise ukrainienne doit être réglée sans pression venant de l’extérieur
Le président russe Vladimir Poutine a déclaré mardi au chancelier allemand Gerhard Schroeder que la crise politique en Ukraine ne devait pas être réglée sous la pression de l’extérieur, selon le Kremlin. "Une sortie de crise doit être trouvée de façon démocratique", dans le respect du "droit" et non sous "pression extérieure ou intérieure basée sur des passions politiques", a souligné le service de presse du Kremlin dans un communiqué. "C’est précisément cette solution qui a été soutenue et qui à l’avenir trouvera du soutien en Russie", a-t-il ajouté. Selon les services de M. Schroeder, les deux dirigeants se sont entretenus de la possibilité d’une nouvelle élection en Ukraine, et tous deux sont convenus que les résultats d’un nouveau scrutin devraient être respectés. MM. Poutine et Schroeder se sont entretenus par téléphone, "en particulier" des moyens de trouver une "solution politique qui prenne en compte l’intégrité territoriale de l’Ukraine et la nécessité d’un dialogue entre les deux parties", a précisé la porte-parole Bela Anda dans un communiqué. "Le chancelier allemand et le président russe sont tous deux convenus que le résultat d’une nouvelle élection" organisée sur "la base de la Constitution ukrainienne" et reflétant "la volonté politique du peuple ukrainien devrait être strictement respecté", a-t-elle ajouté. Selon le Kremlin, Vladimir Poutine a informé Gerhard Schroeder de la "profonde préoccupation" de Moscou et du "sentiment inchangé de solidarité avec le peuple d’Ukraine". Il a souligné les "conséquences extrêmement sérieuses" de la crise actuelle sur la stabilité économique et politique, et a exprimé l’espoir d’un réglement dans le cadre de la "législation" et sur le terrain "constitutionnel". Un peu plus tôt, le président de la Douma (chambre basse du Parlement russe) Boris Gryzlov avait averti que la crise politique ukrainienne pourrait s’achever par une partition ou dans un bain de sang.
The Associated Press Moscou - 30 - 11 - 2004 |