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Un sondage effectué pour le Forum économique mondial montre que 45% des habitants de la planète craignent un monde de moins en moins sûr pour leurs enfants. Ce pessimisme est plus accentué en Europe occidentale, avec 55%, tandis qu’en Afrique, théâtre ces dernières années de multiples conflits et catastrophes naturelles, 50% des personnes interrogées croient en des lendemains plus sûrs. Parallèlement à la publication de ce sondage, jeudi, l’Union internationale de conservation de la nature (IUCN), réunie en congrès à Bangkok, prédisait une multiplication des catastrophes naturelles dans le monde si rien n’est fait pour enrayer le réchauffement de la planète. L’IUCN, qui regroupe huit des plus grandes organisations de protection de l’environnement, a salué la récente ratification par la Russie du protocole de Kyoto réduisant les émissions de gaz carbonique. Mais elle a estimé qu’il faut faire davantage pour empêcher la température globale d’augmenter de plus de deux degrés C par rapport à la moyenne de l’époque pré-industrielle. "Nous avons le sentiment que si on allait au-delà du réchauffement de deux degrés (...) on serait voué à un chaos total et à la catastrophe sur cette planète", a déclaré lors d’une conférence de presse Claude Martin, directeur général du Fonds mondial pour la nature (WWF). Le WWF a en particulier attiré l’attention sur l’impact du changement climatique dans l’Arctique, où la température semble augmenter deux fois plus vite que dans le reste du monde.
Soupçons de malhonnêteté
Le sondage réalisé dans 60 pays par Gallup International pour le Forum économique mondial indique que les hommes d’affaires jouissent d’une image légèrement meilleure que les hommes politiques. Selon l’enquête intitulée "La voix du peuple", 63% des 50.000 personnes interrogées pensent que les hommes politiques sont malhonnêtes, tandis que 43% attribuent le même travers aux hommes d’affaires. Et si 39% de l’échantillon juge les hommes politiques incompétents, 22% seulement des personnes interrogées pensent de même des hommes d’affaires. Si pour l’ensemble de l’Europe occidentale, 46% des personnes interrogées pensent que les hommes politiques manquent d’honnêteté, elles sont 76% en Allemagne à être de cet avis, et 70% des Allemands doutent aussi de l’honnêteté des hommes d’affaires. En revanche, les Français interrogés ne sont que 36% à mettre en doute l’éthique des hommes politiques et 27% à douter de celle des hommes d’affaires. En Amérique du Nord, ces pourcentages sont respectivement de 50% et 47%, sans que les chiffres rendus publics jeudi par le Forum précisent comment ils se répartissent entre les Etats-Unis et le Canada. En Equateur, au Mexique, au Nigeria, au Pérou, en Bolivie, en Inde et en Pologne, plus de neuf personnes interrogées sur dix mettent en cause l’honnêteté des leurs responsables. A l’autre bout de l’échelle, les dirigeants politiques ne sont jugés malhonnêtes que par trois pour cent des personnes interrogées à Singapour, 12% aux Pays-Bas et 13% en Malaisie.
Robert Evans Reuters - Genève 18 - 11 - 2004 |