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Des responsables de l’ONG russe du Comité des mères de soldats qui devaient rencontrer mardi à Bruxelles des représentants des indépendantistes tchétchènes, n’ont pas pu obtenir de visa au consulat belge de Moscou, et ont invoqué une "affaire politique", a annoncé lundi l’ONG à l’AFP. "Nous n’avons pas eu nos visas. Le consulat de Belgique (à Moscou) m’a expliqué que nos visas étaient une affaire politique, et que Bruxelles n’avait pas donné l’autorisation de les délivrer", a dit à l’AFP Valentina Melnikova, présidente du comité russe des Mères de soldats, reconnu pour ses actions en faveur de la paix et des droits des soldats russes. L’ambassade de Belgique a confirmé, de son côté, que les visas n’avaient pas été octroyés, invoquant des problèmes de délais n’ayant pas permis l’envoi à temps de l’autorisation du ministère belge de l’Intérieur. "Nous n’avons pas obtenu l’autorisation du ministère de l’Intérieur", nécessaire dans "la majorité des cas" de demande de visa, a déclaré à l’AFP Philippe Benoit, premier secrétaire de l’ambassade de Belgique. Les membres de l’ONG n’ont déposé leur demande de visa "que jeudi après-midi pour obtenir un visa aujourd’hui (lundi). Or les visas ne sont octroyés de toute façon qu’après trois jours ouvrables", a ajouté M. Benoit. Mme Melnikova a affirmé avoir déposé sa demande jeudi matin, dans les temps pour recevoir son visa, ainsi que celui de deux collaboratrices. "La Russie s’est avéré un État très fort, elle a vaincu le royaume de Belgique, les a forcés à faire traîner en longueur l’octroi de visas", a ironisé Mme Melnikova, qui aurait dû s’envoler lundi soir pour Bruxelles. Le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Alexandre Iakovenko, a insisté lundi sur la "désapprobation" de Moscou à l’idée d’une telle rencontre à Bruxelles qu’il a qualifiée de "tribune offerte à la propagande" des "terroristes tchétchènes". La rencontre entre des représentants de l’ONG et ceux des indépendantistes tchétchènes, prévue mardi à Bruxelles, semblait déjà compromise dimanche, quand les autorités belges ont annoncé qu’elles refouleraient l’émissaire du président indépendantiste Aslan Maskhadov, Akhmed Zakaïev, réfugié politique en Grande-Bretagne. Les Mères de soldats russes avaient proposé en octobre (sans l’accord du Kremlin, opposé à toute négociation) de servir de médiateur pour des discussions afin de tenter de mettre fin à la guerre en Tchétchénie, qui se poursuit depuis plus de cinq ans. "Nos projets sont brisés, mais nous allons chercher d’autres possibilités d’organiser cette rencontre", a ajouté Mme Melnikova, qui avait appelé l’Occident à se mobiliser pour faciliter ces négociations.
Agence France-Presse 22 - 11 - 2004 |