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AP | 28.02.05
WASHINGTON (AP) -- Washington montre du doigt Téhéran, Damas, Pékin, Khartoum, Pyongyang mais aussi Le Caire. Le Département d’Etat américain a publié lundi son rapport annuel sur les droits de l’Homme dans le monde, qui dénonce la torture systématique en Syrie, de graves abus en Chine et le meurtre de civils par les milices arabes soutenues par le gouvernement soudanais au Darfour.
L’Egypte, proche allié des Etats-Unis dans le processus de paix au Proche-Orient, est aussi épinglée pour des arrestations de masse et la torture de prisonniers par les forces de sécurité. La promesse du président Hosni Moubarak la semaine dernière de mettre fin au système du candidat unique à la présidentielle est arrivée trop tard pour être prise en compte par le rapport.
Quant à l’Iran, son « piètre bilan en matière des droits de l’Homme s’est aggravé », selon le rapport.
Le rapport classe la Corée du Nord parmi les régimes les plus répressifs et violents du monde. Il estime qu’entre 150.000 et 200.000 personnes sont emprisonnées dans des camps de détention dans des régions isolées et les transfugent racontent que beaucoup ont succombé à la torture, la maladie et la faim.
Le rapport dénonce également le bilan syrien, notant l’absence de démocratie et « la persistance de graves abus dont l’usage de la torture en détention qui a parfois provoqué la mort », des procès non équitables et des arrestations arbitraires.
Dans le même temps, le Département d’Etat voit toutefois des points positifs, comme la baisse des activités terroriste en Afghanistan depuis la chute du régime des talibans, la révolution orange en Ukraine et ce que le rapport considère comme des perspectives de paix en Irak qui « contribuent à créer un élan en faveur de l’amélioration des pratiques en matière de droits de l’Homme ».
En Afrique du Nord, le Département d’Etat dresse un tableau mitigé de la situation au Maroc, et juge mauvais les bilans libyen, algérien et tunisien.
Le rapport souligne que le Maroc a organisé des élections libres, pris des mesures pour améliorer le statut de la femme et la liberté de la presse. Mais il note que l’autorité ultime repose entre les mains du roi Mohammed VI. Le rapport mentionne également les accusations lancées par l’organisation américaine de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch qui a dénoncé des cas de « torture, mauvais traitements et déni des droits » lors des procédures judiciaires lancées après les attentats de mai 2003, tout en ajoutant que Rabat rejette ses allégations.
En Algérie, le rapport juge que le bilan reste mauvais d’une manière générale avec une aggravation de la situation en matière de liberté de la presse, même si des améliorations sont perceptibles dans d’autres domaines. Il dénonce un usage excessif de la force par les forces de sécurité algériennes, qui n’ont pas donné d’explications à des disparitions passées.
« De nouvelles allégations d’incidents et de graves tortures sont encore lancées. Invoquant la lutte en cours du pays contre les groupes terroristes armés, la police civile et militaire détient et arrête arbitrairement des personnes et les détentions au secret se poursuivent ».
En Tunisie, également, ajoute le rapport, le bilan du gouvernement en matière des droits de l’Homme reste piètre, même s’il montre du respect pour la liberté religieuse des minorités ainsi que les droits des femmes et des enfants. Mais « des membres des forces de sécurité ont torturé et abusé physiquement des prisonniers et personnes en détention ».
Le rapport cite également des « arrestations arbitraires » et note que les observateurs internationaux ne sont pas autorisés à inspecter les prisons. Par ailleurs, le rapport juge que le gouvernement continue d’imposer des restrictions importantes aux libertés d’expression, de la presse, de réunion et d’association. AP |