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lundi 9 mai 2005, 5h12
BRASILIA (AP) - Afin de contrer la domination mondiale des Etats-Unis dans les domaines diplomatiques et commerciaux, les ministres de 33 pays sud-américains et arabes sont arrivés au Brésil pour préparer le premier sommet des dirigeants des deux régions.
Les ministres qui se réunissent lundi s’intéresseront aux moyens de resserrer leurs liens économiques. Mais le sommet, qui réunit des dirigeants de deux régions critiques de l’influence diplomatique et économique américaine, doit aussi servir à forger de nouvelles alliances politiques.
Les représentants de 11 pays sud-américains et 22 pays du Proche-Orient et d’Afrique du Nord se sont réunis dimanche pour préparer les réunions ministérielles de lundi et le sommet qui se tiendra à partir de mardi.
Sont notamment attendus à Brasilia le président vénézuélien Hugo Chavez, le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas, le président algérien Abdelaziz Bouteflika et l’hôte du sommet, le président brésilien Luiz Inacio "Lula" da Silva.
Le sommet fait partie des initiatives de "Lula" pour unir les pays en développement sur des enjeux tels que la réforme du Conseil de sécurité des Nations Unies et la fin des subventions agricoles dans les pays les plus riches.
L’ambition du président brésilien est "de rapprocher ces deux régions dans une stratégie plus large pour assurer l’élargissement des relations économiques, commerciales, culturelles et politiques de l’Amérique du Sud", a déclaré Celso Amorin, le ministre brésilien des Affaires étrangères, selon l’agence de presse officielle brésilienne.
Lundi, "Lula" doit rencontrer en privé les Premiers ministres syriens et libanais, ainsi que Mahmoud Abbas. Il dînera ensuite avec Hugo Chavez et son homologue argentin Nestor Kirchner.
Le sommet pourrait aussi être l’occasion de nouvelles négociations pour un accord de libre-échange entre deux régions qui ont pour l’instant un faible niveau d’échanges commerciaux.
La réunion s’inscrit dans une démarche de coopération "Sud-Sud" pour allier les intérêts de pays pauvres et accroître leur pouvoir de négociation avec les pays les plus riches, qui contrôlent les instances commerciales et politiques au niveau international.
Les médias brésiliens ont souligné dimanche l’absence notable de représentants de pays alliés des Etats-Unis, tels que l’Egypte et l’Arabie Saoudite. Le président irakien Jalal Talabani est néanmoins attendu.
La demande des Etats-Unis d’envoyer des observateurs officiels au sommet n’a pas été acceptée mais Oswaldo Puccio, ambassadeur du Chili au Brésil, a affirmé que cette décision ne devrait pas être considérée comme un geste anti-américain. "Ceci est totalement faux", a-t-il déclaré. AP |