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 L’ancienne candidate à la présidence colombienne, Ingrid Betancourt, otage des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) depuis 34 mois, devait fêter samedi en captivité ses 43 ans dans un climat de pessimisme à la suite de l’ultimatum du gouvernement à ce mouvement de guérilla marxiste pour qu’il libère ses 63 otages avant jeudi. Ingrid Betancourt a été enlevée le 23 février 2002 alors qu’elle se rendait en voiture à San Vicente del Caguán (740 km au sud de Bogota), dans le cadre de sa campagne électorale comme candidate d’un parti écologiste. Cette femme politique, qui a également la nationalité française, fait partie d’un groupe de 59 Colombiens et quatre étrangers dont le président colombien Alvaro Uribe exige la libération par les FARC avant le 30 décembre pour ne pas extrader vers les Etats-Unis le chef rebelle Simon Trinidad convaincu de trafic de stupéfiants. L’avocat de Simon Trinidad a demandé samedi que l’extradition de ce dernier vers les Etats-Unis soit reportée pour qu’il puisse purger une peine de 81 mois de prison en Colombie. "Je me sens très triste. Noël coïncide avec son anniversaire et il m’est douloureux de l’imaginer passant ces moments là-bas, dans la forêt. J’éprouve un grand vide à ne pas l’avoir parmi nous" a déclaré à l’AFP son époux, Juan Carlos Lecompte. A l’approche du 30 décembre, l’Eglise catholique a demandé au président Uribe de donner une chance à la négociation d’un échange humanitaire entre otages et prisonniers rebelles, mais le gouvernement n’a pas donné suite. Mme Betancourt se trouve en tête de la liste des "échangeables" : 22 hommes politiques, 37 militaires et policiers, 3 Américains et un Allemand contre lesquels les FARC réclament la libération de 500 rebelles emprisonnés dont Simon Trinidad. Ancienne sénatrice, Ingrid Betancourt jouit d’une grande popularité en Europe et notamment en France. Mardi, à l’occasion de la libération des journalistes français Christian Chesnot et Georges Malbrunot, le président Jacques Chirac a rappelé qu’elle était prisonnière en Colombie depuis plus de deux ans. Astrid Betancourt, la soeur d’Ingrid Betancourt, a déclaré jeudi qu’elle n’espérait plus que dans la France pour obtenir la libération de sa soeur. "Nous n’avons aucune nouvelle" et "nos seules raisons d’espérer c’est la France" et "la diplomatie française", a-t-elle dit.
Agence France-Presse Bogota - 26 - 12 - 2004 |