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Un appartement appartenant à la ville de Marseille a été "réquisitionné" vendredi par la CGT-chômeurs pour reloger un homme dont l’appartement a été condamné lundi, sans qu’il en soit averti, par arrêté municipal pour des raisons de sécurité, selon le syndicat. Amor M., un RMIste de 58 ans, s’est heurté lundi soir à une porte close, barrée d’une affichette lui indiquant qu’un arrêté municipal de "mise en péril" lui interdisait l’accès de l’appartement, selon Charles Hoareau, porte-parole de la CGT-chômeurs. "Je n’ai été prévenu de rien, je n’ai reçu aucun courrier, rien. J’ai juste retrouvé, avec mon fils, mon appartement fermé avec toutes mes affaires dedans", a raconté à l’AFP Amor M. Six des douze appartements de l’immeuble du centre-ville étaient concernés l’arrêté, a constaté un journaliste de l’AFP. Sur l’affichette, la mairie proposait un lieu d’hébergement temporaire mais ce dernier s’est révélé complet, selon la CGT. Amor M., qui a rempli un dossier de demande de relogement, et envoyé son fils chez sa mère à Martigues, dit dormir dehors depuis. Les responsables de la mairie de Marseille étaient injoignables vendredi. "Dans la mesure où le propriétaire est défaillant, c’est à la mairie de reloger ces familles", a affirmé Charles Hoareau. "Ils disent qu’il n’y a pas de solution alors qu’il y a des logements de la ville qui sont vides. C’est dégueulasse", a-t-il ajouté. Après avoir récupéré quelques affaires dans son ancien appartement, dont la CGT-chômeurs a forcé l’accès, Amor M. s’est installé en fin d’après-midi dans un apppartement réhabilité de la ville dont la serrure avait également été fracturée.
Agence France-Presse 24 - 12 - 2004
Chômage : Jean-Pierre Raffarin tente un pari difficile en 2005
Jean-Pierre Raffarin a fait de la réduction du chômage sa priorité pour 2005, tablant notamment sur les effets conjugués du retour de la croissance, du plan Borloo et du développement du secteur des services, mais les économistes jugent d’ores et déjà ce pari difficile. Depuis son arrivée à Matignon, le Premier ministre, souvent critiqué par la gauche et les syndicats pour la faiblesse de sa politique de l’emploi, n’est pas parvenu à faire reculer le chômage, en hausse quasi-constante depuis la mi-2001. Alors que l’année 2004 devrait s’achever sur un taux de chômage proche des 10% de la population active, M. Raffarin a pris fin novembre l’"engagement personnel" de ramener le nombre de demandeurs d’emplois "sous la barre des 9%" en 2005. "Nous sommes en mesure, je le crois sincèrement, de baisser le nombre de chômeurs dans l’année 2005 de l’ordre de 10%, c’est-à-dire à peu près 240.000 chômeurs en moins", grâce à la "création nette de 240.000 à 250.000 emplois", a-t-il déclaré. Pour ce faire, le Premier ministre compte avant tout sur les retombées de la croissance, qui devrait atteindre 2,5% en 2004, comme en 2005, et permettre "la création de 150.000 emplois", selon les prévisions gouvernementales. Il table également sur les premiers effets du plan de cohésion sociale qui doit rendre la croissance "plus fertile en emplois", "grâce aux 185.000 contrats d’avenir budgétés, au développement des contrats d’apprentissage et au parcours professionnalisé des chômeurs qui doit permettre de répondre aux offres d’emploi non satisfaites".
la prudence de l’Insee
Les nouveaux assouplissements des 35 heures devraient en outre "permettre aux entreprises de trouver un dynamisme qui les incite à embaucher", juge le Premier ministre, même si les syndicats estiment de leur côté que l’augmentation du nombre d’heures travaillées aura un effet néfaste sur l’emploi. Le gouvernement souhaite aussi développer le secteur des services à la personne, en vue de créer 500.000 emplois nouveaux en trois ans, à l’aide d’un plan qui n’en est cependant qu’au stade d’ébauche. Enfin, "la plus faible augmentation de la population active, avec le double effet de la démographie et des départs à la retraite anticipés, jouera sur la baisse du chômage", a affirmé M. Raffarin. Face à cet optimisme affiché, les économistes se montrent plus prudents, au moins pour ce qui concerne la première moitié de 2005. Selon l’Insee, qui prévoit une croissance en demi-teinte pour le début de l’année, l’accélération de l’activité et l’augmentation du nombre de contrats aidés prévue dans le plan de Cohésion sociale devraient effectivement contribuer à une hausse de l’emploi au cours des six prochains moins. Mais selon l’institut, cette hausse devrait intervenir dans des proportions sensiblement moindres que celles espérées par le gouvernement, puisque 57.000 créations nettes d’emplois seraient enregistrées d’ici juin prochain. L’Insee anticipe en outre un accroissement de la population activeoffres de travail sur le 1er semestre) en raison d’un autre effet de la réforme des retraites : l’instauration de la surcote qui inciterait certaines personnes à repousser leur départ à la retraite. Du coup, les créations de postes attendues ne se répercuteraient qu’en partie sur le niveau du chômage. Celui-ci ne commencerait à s’infléchir qu’à la toute fin de 2004 et s’établirait encore à 9,7% fin juin 2005.
Agence France-Presse 24 - 12 - 2004 |