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Quatre nouvelles interpellations ont été effectuées mercredi matin à Paris dans l’enquête sur une "filière irakienne" de jeunes Français partis combattre au sein de la rébellion, apprend-on de source proche du dossier. Sept personnes avaient déjà été arrêtées lundi par la Direction de la surveillance du territoire (DST) dans le cadre des investigations sur des jeunes liés aux milieux islamistes radicaux mais l’une d’elles a été relâchée depuis. Les quatre nouvelles interpellations portent donc à dix le nombre de personnes actuellement placées en garde à vue dans ce dossier à la Direction de la surveillance du territoire (DST). "Ce coup de filet a permis de casser totalement cette filière. C’est une première dans ce secteur et c’est une opération importante", a-t-on souligné de source proche du ministre de l’Intérieur, Dominique de Villepin. Ces opérations ont été réalisées sur commission rogatoire des juges antiterroristes Jean-Louis Bruguière et Jean-François Ricard, chargés depuis septembre dernier d’une information judiciaire pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste". L’enquête fait suite à la mort en Irak de plusieurs jeunes Français enrôlés parmi les combattants de la "guerre sainte". En décembre dernier, le quotidien Le Monde écrivait que les services français avaient identifié cinq Français combattant ou ayant combattu en Irak mais que la filière française restait "marginale". L’un des Français est en prison à Damas depuis le mois d’août, deux ont été tués en septembre et octobre et un autre, "émir Fawzi D.", commanderait un groupe d’une vingtaine de combattants. L’enquête sur les Français tués a permis à la police française de remonter jusqu’au groupe démantelé ces derniers jours, qui semble s’organiser autour d’une mosquée du XIXe arrondissement de Paris. La justice se base aussi sur des informations qui montrent que la Syrie accueille de longue date de jeunes musulmans français attirés par les études coraniques. Le mouvement semble s’être accéléré depuis 2003 et l’invasion de l’Irak par les forces américano-britanniques. La justice prend donc en compte l’hypothèse d’un "transit" des combattants intégristes recrutés en France par ce pays. Une première affaire avait tourné court en juin 2004 lorsque la brigade criminelle avait arrêté un imam et quatre fidèles d’une salle de prière de Levallois (Hauts-de-Seine) dans une enquête antiterroriste. Malgré la découverte d’indices, dont un SMS venant d’Irak, les cinq personnes avaient été libérées sans être mises en examen par le juge Philippe Coirre, décision dont le parquet a fait appel.
Reuters - Paris 26 - 01 - 2005 |