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AFP 07-05 20:54:48 Un séminaire d’ONG féministes du Maghreb s’est ouvert samedi à Tunis à l’initiative de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD, indépendante), en prélude à la tenue du Sommet mondial de la société de l’information (SMSI) prévu en novembre en Tunisie.
Cette rencontre organisée avec le concours de l’Union européenne a pour double objectif de "revendiquer la liberté d’expression et promouvoir le droit des femmes à l’accès aux nouvelles techniques de l’information et de communications", a indiqué à l’AFP, Ahlem Belhaj, président de l’ATFD.
"De par leur condition sociale, le chômage et l’analphabétisme aidant, les femmes arabes risquent, plus que les hommes, d’être laissées pour compte dans la société de l’information", a-t-elle ajouté.
La rencontre groupant également l’Association marocaine pour les droits des femmes (AMDF) et "SOS-Femmes en détresse" d’Algérie, devait également souligner la nécessité d’un libre accès aux médias, "condition essentielle à toute action visant à changer l’image rétrograde des femmes" dans la presse, selon Mme Belhaj.
"La liberté d’expression est au coeur du SMSI, mais elle continue d’être bafouée en Tunisie", a-t-elle déploré, indiquant que son association a été privée de salle publique pour l’organisation du séminaire.
Dans un rapport présenté à l’ouverture son association reproche au gouvernement son refus d’autoriser la publication légale de journaux féminins en ligne, ainsi que la saisie de "plusieurs livres et ouvrages" de femmes.
"Les femmes servent de faire valoir politique, mais la parole des femmes indépendantes est confisquée en Tunisie", s’est plaint Sihem Bensedrine, militante des droits de l’Homme, directrice du journal en ligne "Kalima" (Parole).
Des ONG internationales de défense des droits de l’Homme assistaient à l’ouverture du séminaire durant deux jours dans le cadre de la Journée mondiale de la liberté de la presse.
Sidiki Kaba, président de la Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme (FIDH, Paris) a souligné l’engagement de son organisation en faveur des droits des femmes et proposé aux ONG féministes maghrébines le statut d’observateur à la FIDH.
La FIDH a publié vendredi à Tunis le rapport d’une mission internationale pressant le gouvernement tunisien de produire des "avancées substantielles" en matière de libertés et de respect des droits de l’Homme, avant le SMSI de novembre. |